" Si tu vois tout en gris, déplace l'éléphant ! "
Proverbe indien
A toute problématique, la réponse de l'expert consulté sera "on
va regarder cela de près". La méthode a ses limites.
"Les sages nous diront qu'il faut laisser le temps faire son œuvre
mais je ne le peux
rester m'enfuir
où niche la faute ?
si je ne peux m'empêcher de t'aimer d'amour
comme la rivière coule vers la mer
ainsi je coule vers toi. "
Can't Help Falling in Love
"La vie comme un ensemble de problèmes à résoudre, la vie comme un ensemble de choix à faire : quelle façon bizarre de voir les choses !”
JM Coetzee
« Ce qui serait peut-être à souligner c’est qu’à part la passion de comprendre (luxe suprême chez Hadrien, pain et sel pour Zénon) ces deux hommes si différents de situation et de tempérament sont reliés par ce qu’Hadrien appelle « la décision d’être utile. » « Tout reste à faire » dit le vieil empereur, et c’est aussi à ses activités de médecin que Zénon se raccroche jusqu’à la fin dans un monde de destruction et de changement. Il y a une discipline qu’il vaudrait la peine de faire remarquer, car je crois qu’on ne bâtit rien de solide, pas même la liberté, sans elle. »
Marguerite Yourcenar. Lettre à un jeune admirateur (20 janvier 1969) à propos de ses deux personnages Hadrien et Zénon
"Quand l’unique objectif de l’éducation devient la production de diplôme plutôt que la promotion du savoir, le système d’enseignement trahit la motivation identifiée par Aristote : « Tous les hommes désirent naturellement savoir. » On arrive ainsi à une véritable indifférence intellectuelle chez les étudiants.
Matthew B. Crawford
"Ce n’est pas en appliquant des règles que vous pouvez discriminer entre le pertinent et le négligeable, mais seulement en exerçant le type de jugement qui naît de l’expérience. La valeur d’un mécanicien - et la sécurité de son emploi - tient au fait qu’il possède du savoir direct et personnel."
Matthew B. Crawford
"Je me souviens, c'était un matin, l'été,
La fenêtre était entrouverte, je m'approchais,
J'apercevais mon père au fond du jardin.
Il était immobile, il regardait
Où, quoi, je ne savais, au-dehors de tout,
Voûté comme il était déjà mais redressant
Son regard vers l'inaccompli ou l'impossible.
Il avait déposé la pioche, la bêche,
L'air était frais ce matin-là du monde,
Mais impénétrable est la fraîcheur même, et cruel
Le souvenir des matins de l'enfance.
Qui était-il, qui avait-il été dans la lumière,
Je ne le savais pas, je ne sais encore. "
Yves Bonnefoy
"Que disent les caractères sur le sable fuyant?
Peut-être simplement qu'il suffit d'avancer pas à pas
le plus léger possible insouciant de durer
content qu'il ait neigé et content qu'il déneige
prenant le soleil comme il va la brume comme elle vient."
Claude Roy
"On trouve des gens qui disent ce qu'il faut faire, ce qu'il faudrait faire, ce qu'il aurait fallu faire, ce qu'il ne faut pas faire. C'est, souvent ou quelquefois, très bien vu.
Et il y a des gens qui font. Ce n'est jamais très bien fait, mais du moins c'est fait."
M. Bellet.
"Elle se souvient de l’air
doux effervescent
le soleil couchant dissimulé derrière une rangée de vieux peupliers dont les feuilles vibrionnaient dans la brise tiède
la lumière d’or.
Elle se souvient avoir pensé : c’est tellement parfait, on se croirait dans une publicité pour un parfum."
Marie Pavlenko
"Le matin, l'air est plein de battements d'ailes : les oiseaux reviennent du sud, et dessinent des cercles au-dessus du lac avant de se poser dans les anses saumâtres des marais. Quand le vent se calme, on les entends crier, cancaner, cacarder, croasser, et cette cacophonie nous paraît la rumeur d'une cité rivale, d'une ville lacustre : oies cendrées, râles, canards filets, canards siffleurs, mulards, sarcelles, harles."
J. M. Coetzee
"De bonnes chaussures doivent aider la personne à oublier ses pieds."
Henning Mankell
"Les caractéristiques du maniaque, individu hyperactif, sûr de lui, agressif, hyperactif, qui ne dort presque pas, peuvent revêtir une dimension adaptative dans des situations extrêmes. Par exemple, en temps de guerre. C’est aussi à ces temps chaotiques et sanglants que se référait Albert Demaret quand il parlait des psychopathes en ces termes : « En temps de paix, on les enferme ; en temps de guerre, on compte sur eux et on les couvre de décorations… »
Albert Demaret, cité par Jérôme Englebert
" Faiblesse qui conserve surpasse force qui détruit."
Joseph Joubert
" Les Italiens sont des Français de bonne humeur ".
Jean Cocteau
« J’ai certes étudié le flamand, mais il n’a pas pris, il n’est pas resté, il m’a quittée comme il quitte hélas tous ceux à qui l’on tente d’enseigner une langue sans d’abord les éduquer à aimer les gens. »
Myriam Leroy.
"Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. J'ai besoin de te redire simplement ces choses simples avant d'aborder les questions qui me taraudent."
André Gorz. Lettre à D.
"Il reste à donner le morceau le plus attendu, ce divertissement à quatre mains qu'il travaille avec sa jeune élève. Ils jouent, et pour Franz, le temps s'arrête. Les croisements de mains multipliés sont propices aux frôlements. Il ne peut renoncer à s'enivrer de ce tendre trouble lorsqu'il effleure le bras ou la main de sa partenaire. "
Gaëlle Josse
"Comme le rayon de soleil inattendu
passe la vitre sans repartir
comme le miroir qui simultanément nous reflète notre image
et prolonge notre regard
vers des destinations inattendues
ailleurs plus loin
soleil miroir
passant par les yeux ils atteignent le coeur."
Giacomo da Lentini (13ème siècle)
Se laisser surprendre: une voix modeste, celle d'un fonctionnaire attaché à la Cour de l'empereur Frédéric II, traverse huit siècles, l'éloquence des mots simples.
Lu dans:
Giacomo da Lentini. Ed Roberto Antonelli Poesis. Bulzoni Editore. Roma. 1979. Extrait. Sonnet XXI
Nadezda Vashkevich. L'Heureux Phoenix: Pourquoi écrit-on des sonnets aujourd'hui? Étude sur le sonnet actuel en France et en Russie (1940-2013). Ed. L'Harmattan. 2019. 226 pages.
[ Sì come il sol che manda la sua spera
e passa per lo vetro e no lo parte,
e l’altro vetro che le donne spera,
4che passa gli ochi e va da l’altra parte,
così l’Amore fere là ove spera
e mandavi lo dardo da sua parte:
fere in tal loco che l’omo non spera,
passa per gli ochi e lo core diparte. ]
"J'ai besoin d'un ami qui parle de paysages de monastères
de montagnes de la mer et des océans
des hommes qui vivent loin de nous ou qui souffrent tout à côté
qui parle d'amour sans s'y arrêter
de volupté sans y toucher."
Jean-Louis Pestiaux. Amitié
"Une belle journée quand celle-ci s'achève
je m'envolerai
vers un merveilleux pays de rêve
Je m'envolerai, volerai
Je m'envolerai tout là-haut
je m'envolerai comme un oiseau
quand je meurs alléluia tout à l'heure
Je m'envolerai, volerai
Plus de soucis de peines en ce monde
je m'envolerai
de cette prison comme une colombe
je m'envolerai, volerai
Encore quelques journées de douleur
je m'envolerai
vers une terre où règne le bonheur
je m'envolerai, volerai
Je m'envolerai au matin
je m'envolerai sûr et certain
quand je meurs alléluia tout à l'heure
Je m'envolerai, volerai. "
Graeme Allwright
"Il y a ceux qu'on aime une poignée
les fils de soie qui nous retiennent au monde."
Michel Onfray.
"Il existe des moments inoubliables, |
"Ne demande pas à ce qui vient : " Où vas-tu ? "
Pascal Quignard
"Les pas d'un homme dans la neige
Qu'est-il allé chercher
Reviendra-t-il
par le même chemin?"
Abbas Kiarostami
"Assis seul sur les berges d'un grand lac
je regarde la neige tomber sans bruit
ciel et terre sont silencieux
le monde des hommes n'est que conflits."
Lao Shu
"Promettez le bonheur, vous ferez un malheur."
S. Bouadi et S. Dourver
Un historien m’a dit un jour : « Dans ma discipline aussi, on ne sait jamais de quoi hier sera fait. »
Jean Claude Ameisen
"Mon vieux à moi, tous les mois
Va à tout petits pas
Empocher sa pension
Il se ménage au retour
Un détour insolite
Chez le glacier du coin.
Quand je serai vieux et tout seul
Demain ou après demain
Je voudrais comme celui-là,
Au moins une fois par mois
Avec mes sous, si j'en ai
M'acheter une glace à deux boules
Et rêver sur leur saveur
A un monde rempli d'enfants."
François Béranger
"Chez nous, il n'y a que du chêne. Tout est marron foncé. Pépé dit que c'est beau parce que c'est du bois noble. Moi. je trouve ça moche. Et puis chez nous, tout est recouvert, protégé. Sur les canapés, il y a des couvertures. Sur les fauteuils, il y a des couvertures. Et sur toutes les tables, des nappes C'est comme si notre maison avait quelque chose à cacher."
Valérie Perrin
« Ce n'était pas le jour du jugement mais seulement le matin.
Un matin : excellent et clair. »
William Styron. Le Choix de Sophie.
"L’important, c’est de sortir de sa zone de confort. Il ne faut pas nier sa provenance sociale et culturelle mais ne pas non plus laisser ses origines devenir un destin."
Raphaël Glucksmann
"Je la remets sur son dos, je savonne et je rince, précautionneusement. Je connais son corps par cœur. Son corps qui a tant aimé Lucien. Nous, les aides-soignantes, nous sommes les gardiennes du temple des amours passées."
Valérie Perrin
"Combien de vies dans une vie ?
C’est comme demander combien de pièces
dans un puzzle. "
F. Dannemark. Une fraction d'éternité. 2005
"Avant de s'endormir, madame Gentil m'a raconté ce qu'elle nous raconte depuis des mois à Jo, Maria et moi. C'est toujours la même histoire : elle est née en 1941, sa famille vivait dans la cave de la maison pour se protéger des bombes. Elle entendait les sirènes et les avions quand ils passaient dans le ciel. Un matin, elle s'est réveillée dans une chambre inconnue. Il y avait des fleurs sur la tapisserie et de grandes fenêtres traversées par le soleil. Elle a pensé qu'elle était morte, qu'elle était au paradis. En vérité, la guerre était finie et ses parents l'avaient montée d'un étage dans la maison pendant qu'elle dormait."
Valérie Perrin
"Le comportement de Symcha Turk, citoyen de Zolkiev, peut être cité en exemple du dévouement d'un père et d'un mari. Les Allemands lui avaient dit que lui, en tant que professionnel, pouvait être sauvé, mais à condition qu'il abandonne sa famille. En réponse, il prit ostensiblement la main de sa femme d'un côté, celle de son enfant de l'autre, ainsi unis ils marchèrent vers la mort la tête haute."
Gerzson Taffet
"Il reste des mots inscrits sur les branches du bonheur."
François Cheng
"Je suis heureux et rien n'en est la cause."
Christian Bobin
"Ce moment qui n'est plus le voyage et pas encore l'arrivée
quand le train qui déjà ralentit
est passé de la nuit noire aux avenues de banlieue.(..)
Nous sommes encore là déjà nous sommes ailleurs
le voyageur impatient dans le train descend sa valise
et s'en va attendre l'arrivée debout dans le couloir déjà prêt à descendre."
Claude Roy
« Quand je me suis réveillé, je me suis juste dit que c’était un rêve. J’avais tout oublié, tout effacé, j’ai même dû consulter Google pour voir qui j’étais, ce qui m’était arrivé. »
Stig Broeckx
« J’avais peur de l’échec. Plus mon succès grandissait, plus cette peur de l’échec augmentait »
Claas Relotius, grand reporter au Der Spiegel
"La soirée devait être retransmise dans toute la France, et sur le podium on s'affairait. On répétait les acclamations et applaudissements, on répétait aussi les morceaux, tous en play-back sur une bande audio. La Fête de la musique allait donc se résumer à une suite de poses répétées sur fond de karaoké. Plus tard dans la soirée, sur le cours Julien, pendant que je savourais un rhum-citron en terrasse, un jeune homme mal peigné, mal sapé et sans contrat jouait du saxophone sur un seuil, une sorte de jazz improvisé, superbement chaloupé, à l'arrière-goût mélancolique, offrant plus de musique dans son chant égaré que toute la méga-soirée télévisée à venir. Pour moi, tout le charme de la vie est dans le frémissement de l'instant incertain."
Elisa Brune
" L’alpiniste apporte du sens lorsqu’il montre qu’il tient davantage à la vie des autres qu’à la sienne, lorsqu’il démontre qu’un groupe humain progresse au rythme du second, du troisième... que le plus bel exploit est toujours celui du dernier de cordée."
Philippe Descamps
"Il guette le jour qui se lève
à chaque escale un nouvel horizon
à vingt ans on rêve d'Amérique
à quatre-vingts d'arriver chez le fleuriste
le désir est pareil."
C.V
"Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe."
Jacques Prévert
"Je vais prêter mon appartement à des amis pendant une semaine, raison pour laquelle je m'oblige à le pomponner, et en un seul week-end j'enchaîne tous les petits travaux qui traînent depuis des mois ou des années (la lampe cassée, l'étagère qui manque, le tapis troué, la douche bancale...). Dans la foulée, je trie les amoncellements en souffrance, je modifie la déco (bonjour les idées saugrenues), sans parler du ménage hautement attendu, et au final l'endroit est méconnaissable, quasi prêt à parader dans un magazine. Pourquoi l'ai-je fait pour eux et pas pour moi? Voilà la question qui me turlupine. (..) Pouvoir se passer des invités, du plombier ou de l'éditeur pour maintenir l'appartement habitable, le physique en forme et le travail à flots ? Demain, je ferai comme si j'avais des invités. Mieux, demain, je serai ma propre invitée."
Elisa Brune
"Quatre choses ne reviennent jamais en arrière:
le temps passé,
la pierre lancée,
le mot prononcé,
l'occasion manquée."
Lucía Etxebarria de Asteinza (1966- ) Le Contenu du silence (2012)
"Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon. "
Léon Tolstoï. Anna Karénine
"La tentation de rappeler le grand rôle qu'on a pu jouer en de petites affaires."
Pierre Hebey
"En été j'ignorais encore
combien sans toi..."
"En été j'ignorais encore
Combien sans toi
L'hiver est long et le lit froid."
Antoinette Dalcq
"Oublier ce qui n'est jamais advenu."
Françoise Lefèvre
« La France, pays où la tentation révolutionnaire n’est jamais loin et fait partie de l’identité au même titre que drapeau et l’hymne national, flirte avec la crise politique. (..) Le président français n’a toujours pas trouvé la formule pour désamorcer une révolte dont le cri le plus répandu lui est opposé : “Macron, démission”. L’un des graffitis tagués sur l’Arc de triomphe était « Pour moins que cela, nous avons coupé des têtes. »
El País
"Je ne sais pas pourquoi
Cette mélodie me fait penser à Chopin
Je l'aime bien, Chopin
Je jouais bien Chopin
Chez moi à Varsovie."
Bécaud. Le pianiste de Varsovie.
"Je me retrouve donc avec la carte Senior qui me donne le droit de voyager avec une réduction de cinquante pour cent, parfois, de vingt-cinq pour cent, toujours. Dans tous les pays d'Europe. À partir de ce jour, à chaque fois que j'achèterai un billet, je serai contrainte de prononcer le mot senior."
Françoise Lefèvre
"Je travaille durement
Soyez gentil
N'apportez avec vous
Ni pessimisme
Ni envie
Ni rumeur
Ni méfiance
Ni mauvaise volonté
Ni désarroi
Ni jalousie
Ni abattement
Ni mécontentement
De grâce, ne vous laissez pas aller."
Lu dans l'échoppe d'un cordonnier (cité par Pierre Hebey)
La fleur qui affleure d'entre les pavés,
Un rayon qui raye la patine d'un mur,
Le regard de pitié que nous jette la bête
De somme surchargée, le furtif parfum
Qui nous arrête et nous emplit de regret.
Et tous les cris entendus: cri de l'enfant
Qui a perdu sa mère, ou de la mère
Qui a perdu son enfant, cris des oiseaux
Qui varient selon l'heure, cris de douleur
Ou de plaisir qui tant se ressemblent.
Et l'instant muet qui soudain révèle,
Au-dedans et au-delà de nous,
Trouant le palpitant présent, l'impalpable
Présence qui nous fait dire à voix basse :
«Nous sommes parce que tu es.»
"Qui veut briller n'éclaire pas."
Sagesse taoïste
"Vouloir vivre de son temps
c'est déjà être dépassé."
Eugène Ionesco
"On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent
Mais on ne dit jamais rien de la violence
Des rives qui l'enserrent.
On dit que le vent qui courbe les bouleaux est violent
Mais qu'en est-il de la tempête qui courbe les hommes
qui travaillent dans les rues ?"
Bertolt Brecht. Sur la violence
"Au verger de mémoire
Entre promesse et souvenir
Je suis l'arbre je suis
Le tronc et la sève et le fruit.
Ah ! Donnez-moi l'humble force de croire
A ce grand œuvre à travers moi
Mais pour ce soir je n'en peux plus
D'avoir vécu
Toutes ces vies à la fois ! "
Antoinette Dalcq