« Que n’apprend-il à voler ? dit l’oiseau. C’est si facile. »
Gilbert Cesbron
Une phrase à la simplicité trompeuse, qui nous incite à nous méfier de l'évidence naïve de celui qui juge le monde depuis sa propre nature. Pour l’oiseau, voler n’est pas un exploit : c’est respirer autrement, il ne comprend donc pas que l’homme reste cloué au sol. Le savant s’étonne que l’ignorant ne comprenne pas, le valide s’étonne que le malade ralentisse, le riche s’étonne que le pauvre ne s’organise pas mieux, le calme s’étonne que l’anxieux s’inquiète. Chacun, depuis son perchoir, regarde l’autre et lui prête ses propres ailes. Par ailleurs, la même phrase rappelle à l’homme qu’il possède, lui aussi, des capacités qu’il sous-estime. Non pas voler comme un oiseau, mais s’élever autrement, par l’imagination, par la compassion, par l’art, par la pensée, par le souci du travail bien fait. Ne jamais mépriser celui qui ne possède pas nos ailes et ne jamais oublier que nous avons peut-être les nôtres.
Lu dans:
Gilbert Cesbron. Merci l’oiseau ! Robert Laffont. 1976. 208 pages
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