"Douce pluie d’un automne lointain
les oiseaux sont bleus bleus
et la terre est en fête
les oiseaux se sont envolés
vers un temps qui ne reviendra pas (..)
et le soleil, un verger, au couchant.
L’oliveraie était verte, autrefois.
Était… Et le ciel,
Une forêt bleue… Était, mon amour.
Qu’est-ce qui l’a ainsi changée ce soir ?
Mahmoud Darwich. Pluie d’automne lointain
Considéré comme "la voix de la Palestine", et un des plus grands
poètes arabes contemporains, la voix de Mahmoud Darwich (†2008)
semble résonner encore. En 1988, un de ses poèmes, En
traversant les mots passants, est discuté à la Knesset; il
est accusé de souhaiter voir partir les Juifs d'Israël. Darwich
s'en défend en expliquant qu'il souhaitait uniquement les voir partir de la
bande de Gaza et de Cisjordanie :
« Alors quittez notre Terre
Nos rivages, notre mer
Notre blé, notre sel, notre blessure. »
Par un étonnant retour de l'Histoire, en mars 2000 Yossi Sarid,
ministre israélien de l'Éducation, propose que certains de ses
poèmes soient inclus dans les programmes scolaires israéliens.
Mais le Premier ministre Ehud Barak refuse, considérant qu'«
Israël n'est pas prêt. » Qu'aurait écrit Darwich
aujourd'hui dans les ruines de sa région suppliciée?
Lu dans:
La Terre nous est étroite et autres poèmes. Mahmoud Darwich. Elias
Sanbar (Traducteur). Gallimard. Poésie. 2000. 388 pages
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