"Une œuvre peut-elle être vraie et fausse à la fois ?"
Monique Jeudy-Ballini,
Les faussaires ne sont pas des voyous comme les autres. Ceux à
qui Monique Jeudy-Ballini consacre son nouvel ouvrage, se révèlent
même bien plus que des artistes accomplis et consciencieux.Que de
faux tableaux expertisés, devenus vrais et vendus comme tels ?
Nos musées en sont pleins:
la moitié des œuvres d’art en circulation sur le marché
international pourraient être constituée de faux selon des
experts. N'est pas faussaire qui veut, un travail colossal
sous-tend cette industrie, à commencer par des connaissances
solides en histoire de l’art et des techniques pour déjouer les
contrôles scientifiques. D’ailleurs, à les croire, les faussaires
ne contrefont que les peintres qu’ils aiment. Ils en seraient les
héritiers, poursuivant leur œuvre et faisant grimper leur cote. Le
résultat est parfois si impressionnant que certains peintres ont
recours à leurs services en vue d’expositions car leur succès ne
leur permettait plus de faire face à l’afflux des demandes. Quand
l’escroquerie est révélée, nombreuses sont les victimes à garder
le silence, par crainte du ridicule, de voir la valeur marchande
de leur bien s'ffondrer ou de perdre toute crédibilité. Certains
faussaires auraient même leurs collectionneurs... Lu dans:
Anne Both. Authentiques artistes du faux. Le Monde des livres. 30
avril 2026.
Monique Jeudy-Ballini. Peintres de l’ombre. Les faussaires à
l’œuvre. Mimésis. Ethnologiques. 2026. 200 pages.