« Jérusalem est un endroit où chacun se rappelle avoir oublié quelque chose, mais quoi ? Personne ne s'en souvient. »
Yehuda Amichaï
Toute l'oeuvre du poète israélien Yehuda Amichaï est imprégnée du destin de Jérusalem, ville saturée de mémoire, de sacré et de nostalgie, où chaque communauté revendique un passé absolu, souvent au détriment de celui des autres. Amichaï rappelle souvent que le nom de la ville en hébreu, Yerushalayim, porte la marque du suffixe pluriel (-ayim), rappelant qu'elle est intrinsèquement double, divisée. Les frontières terrestres y sont métaphysiques, et la superposition géographique de ses lieux saints y crée une friction permanente. La ville est devenue un symbole si lourd que les réalités humaines (le partage de l'eau, du logement, des transports) sont systématiquement écrasées par le poids des mythes, transformant tout incident religieux ou archéologique en une crise géopolitique majeure. Dans un recueil devenu célèbre (Poèmes de Jérusalem) Amichaï rêve d'un jour où ses habitants pourront y vivre ensemble, abandonnant son statut de sanctuaire pour devenir une « ville portuaire sur le rivage de l'éternité".
Lu dans:
Nathan Devers. Aimer Jérusalem. Gallimard. NRF. 2026. 430 pages. Exergue
Poèmes de Jérusalem.Yehuda Amichaï. Editions de l'Eclat. 2018. 128 pages.
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