"Où qu'on aille
on s'emporte toujours avec soi."
Rip Hopkins
(It doesn't matter where you go
you always take yourself.)
"Où qu'on aille
on s'emporte toujours avec soi."
Rip Hopkins
(It doesn't matter where you go
you always take yourself.)
"Il y avait un cabaret, et il y avait un maître de cérémonie. Il y avait une ville appelée Berlin, dans un pays appelé l'Allemagne. C'était la fin du monde. "
Cabaret. Willkommen (Reprise finale).
"Les pessimistes ont fini à Hollywood, et les optimistes à Auschwitz.»
Billy Wilder
"Le quai de gare ressemble à un rivageDépart sans retour pour la jeune Charlotte, écrin pour les messages transmis qui habitent une vie, et la transforment parfois aussi.
Le décor idéal à l'ultime
Alfred approche sa bouche de l'oreille de Charlotte
Elle pense qu'il va dire: je t'aime
Mais non
Il murmure une phrase plus importante
Une phrase à laquelle elle pensera sans cesse:
Puisses-tu ne jamais oublier que je crois en toi."
D Foenkinos
"Pendant que son équipe tournait La Ruée vers l’or en 1923, une discussion animée se déroulait dans le studio à propos du scénario. Et une mouche n’arrêtait pas de distraire l’attention des participants, si bien que Chaplin, furieux, demanda une tapette et essaya de la tuer. En vain. Au bout d’un moment, la mouche atterrit sur la table à côté de lui, à sa portée. Il prit la tapette pour l’écraser, puis s’arrêta brusquement et la reposa. Lorsque les autres lui demandèrent pourquoi, il les regarda et répondit : « Ce n’est pas la même mouche. "
«Lorsque les gens pieux disent: "Il est", et que les gens tristes disent: "Il fut", l'artiste dit dans un sourire: "Il sera".»
Rainer Maria Rilke. Journal florentinEnfant, je me disais souvent qu'on cherchait Dieu où il n'était pas, dans le fracas de la tempête et du tonnerre alors que je l'imaginais plus dans le murmure d'un buisson. Les longues démonstrations sur son existence ne me convainquaient pas davantage que celles sur sa négation. Je souriais au récit de cet alpiniste accroché à son filin après une chute vertigineuse appelant "Y a quelqu'un?" et entendant une voix puissante lui répondre: "Lâche prise, fais confiance." Et lui de crier "Y aurait-il quelqu'un d'autre pour un second avis?" 60 ans ont passé et je me reconnais toujours dans ce sceptique heureux. Faute de connaître l'alpha de l'univers, j'aime rêver néanmoins à cette notion que Dieu est un concept en construction, non derrière mais devant, et que j'y participe.
Lu dans:
Rilke, cité par Gabriel Ringlet. Effacement de Dieu. Albin Michel 2013. 297 pages. Extrait p. 270
Rainer Maria Rilke, Sur l'art, in Oeuvres en prose. Récits et essais. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1993, p. 678.
"Peut-être n'est-il plus temps
de dire
ou de ne pas dire
de faire
ou de ne pas faire
Mais d'être."
L. de Groot
« Tout n'est qu'une même chose. »
Irving Penn
"L'autodérision est une bonne stratégie. Le bouffon de François ler avait dérapé et s'était retrouvé condamné à mort. Comme le roi l'avait beaucoup apprécié, il lui laissa choisir sa mise à mort. À quoi le bouffon répondit: - je demande à mourir de vieillesse, Sire. Il fut, bien sûr, gracié sur-le-champ."
B. Piccard
« Si vous ne pouvez pas résoudre un problème, amplifiez-le. Il se passera alors quelque chose qui fera évoluer la situation. »
D. Eisenhower
"Hier, le bonheur est entré tout à coup, comme jadis, et il s'est tenu un instant dans le grand salon silencieux et sombre. Nous étions debout devant une fenêtre et nous regardions la pluie qui tissait son voile dans le ciel obscurci ... J'ai senti que le bonheur était proche, humble comme un mendiant et magnifique comme un roi. Il est toujours là (mais nous n'en savons rien), frappant à la porte pour que nous lui ouvrions, et qu'il entre, et qu'il soupe avec nous. "
J. Green
"Les maisons renaîtront sous leurs toits rouges, les ruines redeviendront des villes et les tranchées des champs, les soldats victorieux et las rentreront chez eux. Mais vous ne rentrerez jamais."
Roland Dorgelès. Les Croix de bois
"Il faut un long temps pour devenir jeune."
Picasso
"La pluie est le mot de passe de ceux qui ont le goût pour une certaine suspension du monde. Dire que l'on aime la pluie c'est affirmer une différence."
Martin Page
"Si le coeur de l'homme ne déborde pas d'amour ou de colère, rien ne peut se faire en ce monde."
Nikos Kazantzakis
"Après tant
et tant d'années à méditer
je tue encore les mouches."
Alejandro Jodorowsky
"La première utilisation de l'algèbre a concerné les problèmes d'héritages, souvent très compliqués, régis par des règles extrêmement strictes. Les équations furent l'outil adéquat permettant de déterminer les parts attribuées aux différents héritiers suivant les instructions du testament du défunt."
D. Guedj
« Qui saurait jusqu'où la prière d'une humble vieille, à l'aube, est capable de porter? »
Férid-eddin Attar, mystique perse, XIIe-XIIIe siècle
"Étoiles filantes : où courent-elles? Question aussi vite posée qu'elles passent."
Philippe Jaccottet
"Ce qui me rassure quand je rate un bricolage c'est de me dire que quand Dieu a conçu son premier oiseau rien ne prouve qu'il a volé du premier coup."
Philippe Geluck
"Je me disais, ce matin, que j’ai beaucoup plus d’amis parmi les morts que parmi les vivants. Ce qui me rendra la mort plus douce."
M. Lobet
"Donne-moi tes imperfections
je m'en contente.
Ne me montre pas la lumière
j'ai soif de ton ombre"
A. Jodorowsky
"C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or."
F. Coppée.
"Personnage mi-aérien mi-terrien,
il survit aux rêves de sa jeunesse.
L’aigle est devenu cheval de labour
sous les métamorphoses de l’âge."
Marcel Lobet. L’Abécédaire du meunier
"En mathématiques, est-ce qu'on peut dire «Je t'aime» ?
Pris au dépourvu, Ray hésita, mais fut contraint d'admettre qu'en maths, on ne pouvait pas dire «Je t'aime».
- Je n'ai pas dit que l'on pouvait tout dire, mais on peut exprimer beaucoup d'idées: être entre, être de part et d'autre, être le plus grand, le plus petit, être proche, engendrer, recouvrir, se rencontrer ... Son assurance retrouvée, il déclara: - Les mathématiques sont un langage, elles ne sont pas que cela, bien sûr. Un langage qui permet d'exprimer des pensées, d'énoncer des idées, d'établir des propositions, de poser des questions, d'affirmer, de réfuter, de décrire. Et ce n'est pas un langage secret, parce que les règles d'écriture qui le régissent sont publiques, tout un chacun peut en prendre connaissance."
Denis Guedj
« Un vieux chien va d’un pas lent
fidèle à côté de son vieux maître.
Vieillir ensemble. »
Herman Van Rompuy
"C'est la saison des noix, des pommes, des noisettes,
du dernier chant du coq, des arbres en saumure.
(..) Le pinot se dégrise en pourriture noble,
le marron caracole au gré d'un coup de pied.
La brume du matin devine un escalier
et l'ombre d'un clochard y pose son vignoble."
F. Félix
"Créer le navire , ce n'est point tisser les toiles, forger les clous, lire les astres, mais bien donner le goût de la mer. "
Saint Exupéry
"Dans notre esprit, il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues"
Haruki Murakami
"Je me souvins d'un matin où j'avais découvert un cocon dans l'écorce d'un arbre, au moment où le papillon brisait l'enveloppe et se préparait à sortir. J'attendis un long moment, mais il tardait beaucoup, et moi j'étais pressé. Énervé je me penchai et me mis à le réchauffer de mon haleine. Je le réchauffais, impatient, et le miracle commença à se derouler devant moi, à un rythme plus rapide que nature. L'enveloppe s'ouvrit, le papillon sortit en se traînant, et je n'oublierai jamais l'horreur que j'éprouvai alors: ses ailes n'étaient pas encore écloses et de tout son petit corps tremblant il s'efforçait de les déplier. Penché au-dessus de lui, je l'aidais de mon haleine. En vain. Une patiente maturation était nécessaire et le déroulement des ailes devait se faire lentement au soleil, maintenant il était trop tard. Mon souffle avait contraint le papillon à se montrer, tout froissé, avant terme. Il s'agita, désespéré, et, quelques secondes après, mourut dans la paume de ma main."Lu dans:
Nikos Kazantzakis
"Nous avions des rêves immenses
dont je n'arrive malheureusement plus à me souvenir."
Au mois de juin 1942, un officier allemand s'avance vers un jeune homme et lui dit: "Pardon, monsieur, où se trouve la place de l'Etoile?". Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine."
Histoire juive
"Tracez-moi la route, droite comme une raie au milieu. Préservez-moi de la maréchaussée et du corps médical. Ainsi soit-il."
Jean-Marie Alfroy
"Mon cerveau?
C'est mon second
organe préféré."
Woody Allen
"L'eau de chez nous n'a ni le vert des mers
ni l'argent des torrents
ni le blanc des cimes
ni le bleu de l'azur
Elle est grise à tous les étages."
Francis Félix
"Moleskine. Le luxe est plus abordable lorsque l'on aime écrire que lorsque l'on aime conduire."
C. Bénech.
"Au sortir d'un bois de chênes envahi par le buis et le lierre (..) paraît, au creux d'une combe, un champ d'avoine: alors, de nouveau, un saisissement, un émerveillement, une joie, pourquoi? Je pense à la rencontre d'Emmaüs. (..) Ce ne doit pas être seulement une question de couleur, ou la lumière du pain sur la table. Plutôt: ce qui vient d'ailleurs, ce qui revient, avec une lumière particulière, un peu pâle, du monde des morts. Ce qui a traversé un écran et tout de même nous parle."
Philippe Jaccottet
"Etre vieux est un avantage qui arrive un peu tard."
"Le jour de l'enterrement de sa mère, C. a été piquée par une abeille. Il y avait beaucoup de monde dans la cour de la maison familiale. J'ai vu C. dans l'infini de ses quatre ans, être d'abord surprise par la douleur de la piqûre puis, juste avant de pleurer, chercher avidement des yeux, parmi tous ceux qui étaient là, celle qui la consolait depuis toujours, et arrêter brutalement cette recherche, ayant soudain tout compris de l'absence et de la mort. Cette scène, qui n'a duré que quelques secondes, est la plus poignante que j'aie jamais vue. Il y a une heure où, pour chacun de nous, la connaissance inconsolable entre dans notre âme et la déchire. C'est dans la lumière de cette heure-là, qu'elle soit déjà venue ou non, que nous devrions tous nous parler, nous aimer et même le plus possible rire ensemble."
Christian Bobin. Ressusciter
Lu dans :
Christian Bobin. Ressusciter. Gallimard. NRF. 2001.
"Pétrifié par sa propre audace pour aborder la belle anglaise entr'aperçue entre deux cours, il lui bégaie une demande de rendez-vous. Son anglais trébuche, son français le rattrape. Elle sourit, condescendante, et l'éconduit gentiment: "Never, never". Et lui, ivre de bonheur: "Neuf heures, neuf heures et quart, parfait !"
« Garde intacte ta faiblesse. Ne cherche pas à acquérir des forces, de celles surtout qui ne sont pas pour toi, qui ne te sont pas destinées, dont la nature te préservait, te préparant à autre chose."
Michaux octogénaire, dans Poteaux d'angle.
"Ma mère, en se levant le lendemain du drame, a compris que j'étais là, en elle. Quand on vit dehors, si près de la nature, on ressent les choses avec plus d'intensité qu'en ville. Ici à Stavros, les portes des maisons etaient toujours ouvertes, il n'y avait pas beaucoup de différences entre dehors et dedans. Les jardins, malgré les murs d'enceinte, débordaient sur le chemin et les habitants marchaient pieds nus dans le sable. Ou dormaient à la belle étoile. Mes parents étaient à l'écoute du monde, de la moindre de ses manifestations: le bruit des vagues, celui du vent, les cigales, des gens qui rient au loin, tout ce qui se passe dehors et, aussi, ce qui se passe plus près, en nous, à l'intérieur. Ici, pas besoin de test de grossesse: c'est le soleil, la mer, le vent, la montagne, les arbres qui annoncent la bonne nouvelle."
Corine Jamar
"La fumée de la pipe me renvoie en enfance, quand j'avais encore la tête dans les nuages."
Mareste
"Un homme ratisse des feuilles
en tas dans sa cour, un monceau,
appuyé sur son râteau, il les brûle
absolument toutes.
Le parfum emplit la forêt
des enfants s’arrêtent et respirent
l’odeur qui, dans quelques années,
deviendra nostalgie."
Jim Morrison
"Il avait changé, comme quoi rien n'est jamais figé. Il suffit, pour s'en convaincre, de regarder la mer, toujours la même et cependant, en perpétuel mouvement. Pas une vague n'est identique à l'autre. Pas une n'éclate exactement au même endroit. Et pourtant, vu de tout en haut, de l'Olympe, on a l'impression d'une immense dalle de granit bleu. Mais nous ne sommes pas des dieux, nous vivons ici, sur terre, où tout est possible, le bon et le mauvais, le beau et le laid, la vérité et le mensonge, le bien et le mal, le pardon et la haine. Ma mère était en train de se réconcilier avec son passé et mon père, avec l'avenir."
Corine Jamar
Le repas
IL n'y a que la mère et les deux fils
Tout est ensoleillé
La table est ronde
Derrière la chaise où s'assied la mère
Il y a la fenêtre
D'où l'on voit la mer
Briller sous le soleil
Les caps aux feuillages sombres des pins et des oliviers
Et plus près les villas aux toits rouges
Aux toits rouges où fument les cheminées
Car c'est l'heure du repas
Tout est ensoleillé
Et sur la nappe glacée
La bonne affairée
Dépose un plat fumant
Le repas n'est pas une action vile
Et tous les hommes devraient avoir du pain
La mère et les deux fils mangent et parlent
Et des chants de gaîté accompagnent le repas
Les bruits joyeux des fourchettes et des assiettes
Et le son clair du cristal des verres
Par la fenêtre ouverte viennent les chants des oiseaux
Dans les citronniers
Et de la cuisine arrive
La chanson vive du beurre sur le feu
Un rayon traverse un verre presque plein de vin mélangé d'eau
Oh ! le beau rubis que font du vin rouge et du soleil
Quand la faim est calmée
Les fruits gais et parfumés
Terminent le repas
Tous se lèvent joyeux et adorent la vie
Sans dégoût de ce qui est matériel
Songeant que les repas sont beaux sont sacrés
Qui font vivre les hommes.
Apollinaire
« Vous voyez, c'est une toute petite maison avec des toutes petites fenêtres et un tout petit jardin au fond d'une petite rue. » Elle se tourne vers moi, avec son regard familier, ni bleu ni brun, teinté d'ironie. « En revanche, quand j'étais petite, je rêvais tout en grand.»
Verena HANF.
"Now I’ve heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord."
("Il se dit qu'il y avait un accord secret
Entre David qui jouait, et Dieu qui l'écoutait.")
Leonard Cohen. Hallelujah
"J'écris dans ce pays où l'on parque les hommes
dans l'ordure et la soif, le silence et la faim."
Louis Aragon
"Dans un panier couche le bois
Dans l’autre châtaignes et noix
L’automne est là."
Alice Guitton.
"Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant."
Pascal. Pensées. Edition Brunschvicg, fragment 131.
"Le ruisseau coule
sous une mince couche de glace:
un miroir
où l'on verrait autre chose
que son visage."
"Kilt ou double."
"Ils marchaient d’un même pas
pas à pas
attentifs
au bruit des écueils
glissant sous leur pas
ils s’encourageaient
d’un regard
d’un signe
d’un mot
mais
ils ne pouvaient pas s’épauler
ils marchaient pas à pas
d’un même pas
chacun sur une rive
d’une longue et profonde cicatrice."
Pedro Vianna
Paris, 13.IX.2013
"Quand nul ne la regarde
La mer n’est plus la mer.
Elle est ce que nous sommes
Lorsque nul ne nous voit..."
Jules Supervielle. La mer secrète.
"Que la nausée nous prenne de plus en plus souvent au spectacle du monde pourrait nous enlever le peu de conviction qui nous reste pour écrire. Ou, au contraire, nous donner une raison de plus de garder, de montrer cette vallée de l'autre jour qui s'ouvrait, s'épanouissait pour accueillir dans sa conque la lumière de l'après-midi. On voyait l'herbe luire au pied des arbres couleur de feu calme. Dernière tiédeur de l'année..."
Philippe Jaccottet
« Nous étions l'Amérique, nous étions la nation la plus puisssante du monde. On avait le droit de critiquer , la justice et la liberté n'étaient pas de vains mots. Tout a été détruit. Comment expliquer le choc? le vide? L'horreur de ce qui s'est passé est plus puissante que tous les mots. Tout ce que l'on connaissait, notre vie d'avant, a été fracassé par une chose aussi simple que de précipiter des avions contre des buildings. »
Mark Rossini (ex-agent du FBI, qu'il a quitté en 2008)
« Le plus important, c'est de ne pas se changer en pierre.»
Heimito von Doderer
"L'histoire est une arme au tranchant effilé ; qui la forge l'a pour soi, et malheur aux vaincus."
Hérodote repris par Benoît Bréville
Nous ne cessons de nous étonner du passage du temps: « Comment! hier à peine, ce père de famille chauve et moustachu était encore un gosse en culottes courtes! » Cela montre que le temps n'est pas notre élément naturel. Imaginet-on un poisson qui s'étonnerait de la mouillure de l'eau? C'est que notre vraie patrie est l'éternité; dans le temps nous ne sommes que des visiteurs de passage. N'empêche, c'est dans le temps que l'homme construit la cathédrale de Chartres, peint le plafond de la Sixtine et joue de la cithare à sept cordes - ce qui inspira la fulgurante intuition de William Blake: « L'Éternité est amoureuse des oeuvres du temps. »
Simon Leys
Chaque nouvelle douleur
change le but
de ma vie.
[Cada nuevo dolor
cambia la met a
de mi vida.]
A. Jodorowsky
"Jules est né ce 5 septembre, entouré de l'affection des siens et réconforté par le sacrement des malades. Fidèle à ses convictions le retour à domicile s'est effectué dans la plus stricte intimité. Ni fleurs ni cadeaux, mais une pensée pour son repos et celui de ses proches.
Joseph (95 ans, 175 cm, 46 kilos) s'est éteint dans la joie ce 5 septembre, après neuf mois d'attente impatiente. Une liste est ouverte chez Kadolog. Le parrain était Emile ALDABERT, la marraine Maria HORTENSE. "
Faire-part inversé
"On pensait au voyage,
On rêvait de voyages.
On n’imaginait pas
Que plus tard, n’importe où,
Parmi les continents,
On ne serait jamais
Emporté aussi fort
Aussi loin qu’ici même
Dans la prairie,
Rien qu’à voir les lumières
Qui traquaient l’horizon."
Eugène Guillevic
"Dans Le Livre de mon ami, Anatole France raconte comment, dans son adolescence, il avait nourri une admiration passionnée pour une ravissante pianiste qui venait donner des récitals dans le salon de ses parents; un jour, à la fin d'un morceau, la musicienne se tourna vers son jeune admirateur et lui demanda à brûle-pourpoint: «Cela vous a plu? - Oh oui monsieur », balbutia l'autre, désarçonné par l'émotion. Cette gaffe le plongea aussitôt dans une telle détresse qu'il s'interdit de ne jamais plus reparaître en la présence de la belle musicienne. Quarante ans plus tard, il la retrouva par hasard dans une réception mondaine. Bavardant des succès de sa longue et brillante carrière elle lui confia qu'on se blase des applaudissements mais qu'à ses débuts, un témoignage d'admiration l'avait touchée de façon inoubliable - celui d'un jeune garçon qui, dans sa confusion l'avait appelée « monsieur ».
Simon Leys
«Adaptons-nous au rythme mystérieux de nos destinées. La vie est un tout; le bien et le mal doivent être acceptés l'un comme l'autre. Le voyage a été agréable; il méritait d'être fait une fois.»
Winston Churchill
"C'est l'heure du passage
où la barque des souvenirs et des projets
rompt les amarres qui la retenaient au rivage..."
Philippe Mathy
"L'essentiel
peut se dire en quelques phrases,
au-delà
on bascule dans autre chose."
Alexandre Romanes.
"Le martinet ne touche terre qu'à la saison des nids
la nuit il monte à très haute altitude
puis se laisse lentement descendre rêveur qui plane et dort
Quand un martinet en rêvant croise mon rêve d'homme
je rêve que je plane il rêve que je dors."
Claude Roy
Diables de Belges: «Un match soporifique». (Le Monde)Lendemains footeux, après les fanfaronnades les commentaires. Amusant: ils disent la même chose.
«Les Diables, une formidable machine à faire rêver». (La Dernière Heure)
"À mesure qu'on accumule les années, on se forme une image de plus en plus sombre de l'avenir. Est-ce seulement pour se consoler d'en être exclu ?"
Cioran
"Pourquoi cet abandon ?
Qu'avons-nous fait ?
Que n'avons-nous pas fait ?
Qu'avons-nous oublié de faire ?
Que n'aurions-nous pas dû faire ?
Qu'avons-nous mal fait ?
Que n'avons-nous pas compris ?
Que n'avons-nous pas aimé ?
Assez ou mal aimé ? "
Chantal PEUGNY
"Bouderie, l'art de punir en se punissant."
Claude Roy
"Un peu de rose de pourpre et de blanc
une ligne droite un entrelacs
pétales et branches sous les bois
l’été est là je pense à toi."
Alice Ledent-Guitton
"Nous avions sept ou huit ans, l'âge précoce où se posent ces questions qui n'inquiètent que les savants et les vieilles personnes. Les enfants sont naturellement des métaphysiciens, tout imprégnés du souvenir des lieux inconnus d'où ils viennent, et tout transis encore de la catastrophe qui les a mis au monde. Leur réflexion les conduit vite à l'autre bord du temps, à ce qui arrive après la mort, avec la même inquiétude et la même insistance. Ils deviendront comme nous, et vivront comme nous par habitude, sans plus trop se préoccuper des raisons d'être là ou de n'être plus là. Ou bien encore ils répéteront, par paresse et commodité, ce que les adultes leur apprennent, en classe et au catéchisme, de la vie et de la mort, pour les rassurer. Mais jamais la conscience de la mort et de ce qui la suit ne sera plus vive qu'au seuil de l'âge que l'on dit de raison. "
"La pluie a retrouvé l'accent
du bleu
et le coeur entouré d'ombre
est enfin prêt
même le poids n'est plus le poids
la douceur est de retour."
Lionel Ray
"Ignorer qu'on ignore, c'est ne pas savoir du tout."
E. Klein
" Mon médecin
c’est celui qui accepte ordinairement
de moi que je l’instruise
sur ce que seul
je suis fondé à lui dire
à savoir ce que mon corps m’annonce à moi-même
par des symptômes
dont le sens ne m’est pas clair.
Mon médecin
c’est celui qui accepte de moi que je voie en lui
un exégète avant de l’accepter comme réparateur. "
Georges Canguilhem
"On finit par oublier que tant de beauté puisse exister encore."
Sagesse d'un anonyme, Envoyé spécial.
"Tu tires ou tu pointes?"
Marcel Pagnol. Marius et Fanny.
"Vole vole petite aile
ma douce mon hirondelle."
C.Dion/JJ.Goldman
"Le travail pour lui c´est la chose
la plus sacrée il y touche pas
et le poil qu'il a dans la main
c'est pas du poil c'est du crin."
Fréhel, al Marguerite Boulc'h. 1891-1951. Tel qu'il est.
"S'ennuyer, c'est chiquer du temps pur."
Cioran