"Qui cherche l'infini n'a qu'à fermer les yeux."
Milan Kundera
Lu dans Milan Kundera. L'Insoutenable légèreté de l'être. Traduit du tchèque par François KÉREL. 1987, NRF GALLIMARD.
"Qui cherche l'infini n'a qu'à fermer les yeux."
Milan Kundera
"Avec les restes de son premier coucher de soleil, le créateur a fait le flament rose; l'aigle, avec un reste de tempête et la colombe avec un peu de paix qu'il avait ébauchée. (...) Mais le moineau, c'est du génie."
Félix Leclerc
Lu dans :
Félix Leclerc . Le calepin d'un flaneur. Bibliothèque Québecquoise. 1988. 220 p. extrait p 86
"Interchangez un chameau et un chien esquimau: ils meurent."
"L'univers dans son étendue et dans sa durée depuis son origine, tout cela pour aboutir à cet éclair entre deux nuits sans limites, à cet instant de pensée où je le pense en me pensant moi-même, et que j'appelle moi."
T. Maulnier
"Les animaux atrappent certes des maladies,mais seul l'homme tombe radicalement malade."O Sacks
"Celui qui se contente de respirer le parfum d'une rose ne la connaît pasVous souvenez-vous de ce qu'en disait Le Petit Prince ?
Et celui qui la cueille uniquemement pour l'étudier ne la connaît pas davantage ."
Hölderlin
"La fragilité (..) nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne. »
Jean-Claude Carrière
"L'anonymat va bien aux cathédrales."
Sylvain Tesson
"Les deux carrés nécessaires à la survie de l'Homme: un carré d'herbe pour reposer le corps et un carré de ciel pour reposer les yeux."
Sylvain Tesson.
"Tout lecteur est un jeteur de filet. Il est normal que, son livre refermé, il puisse se demander « Qu'ai-je pris? »."
Pierre Hebey
"Demander une bougie. Ouvrir son cahier en papier de riz (économie de poids) couvert d'une écriture très fine (économie d'espace) et de phrases très brèves (économie de style). Écrire longuement sous l'œil des hôtes silencieux (économie de mots) qui contemplent la fixation en temps réel sur la page blanche des événements et des émois du jour. Au sujet de l'économie de style, toujours se souvenir de la sobriété avec laquelle écrivaient les marchands de la soie, les marins portugais ou les explorateurs arabes quand ils rendaient compte de leurs tribulations à leurs princes. Cinq ou six mois de marche et de lutte dans les vallées les plus reculées du Cachemire étaient ainsi décrits par des Jésuites portugais: « De la vallée de l'Indus au N'gari tibétain à travers une région inconnue: rien de significatif à rapporter à Sa Majesté."
S. Tesson
"En réglant son compte à l'espace, le nomade freine la course des heures. Peu lui importe que passent les instants puisque, obstinément, il les remplit des kilomètres qu'il moissonne. Opération d'alchimiste: il change le sable du sablier en poudre d'escampette."
S. Tesson.
« C'est rien du tout de changer un toit de bâtisse, ou une fenêtre ou une porte, dit l'architecte, mais les fondements ne doivent pas bouger. C'est pourquoi je suis toujours présent quand on creuse la cave. Si elle est mal assise, la maison croulera."
C'est le plus beau cours que j'ai entendu sur l'éducation.
FÉLIX LECLERC
"Il existe, dans de nombreuses langues, un mot qui désigne à la fois l'acte de donner et celui de prendre, la charité et l'avidité, la bienfaisance et la convoitise,- c'est le mot : amour. "
Alain Finkielkraut
"La sécurité y était telle (dans l'empire de Gengis Khan) qu'une vierge portant une couronne en or pouvait traverser l'Asie sans craindre de perdre sa vertu ou sa fortune."
B. Ollivier
"Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :Ils sont dans l'Ombre qui s'éclaire
Et dans l'ombre qui s'épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l'Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l'Eau qui coule,
Ils sont dans l'Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts."
Birago Diop
"Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage."H. Michaux
"Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage."H. Michaux
"Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simples bagages
Ils ont fait la saison des amitiés sincères
La plus belle saison des quatre de la terre
Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
Et la fidélité des oiseaux de passage
Dans leurs cœurs est gravée une infinie tendresse
Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse
Alors, ils viennent se chauffer chez moi
Et toi aussi tu viendras
Tu pourras repartir au fin fond des nuages
Et de nouveau sourire à bien d'autres visages
Donner autour de toi un peu de ta tendresse
Lorsqu'un autre voudra te cacher sa tristesse
Comme l'on ne sait pas ce que la vie nous donne
Il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne
S'il me reste un ami qui vraiment me comprenne
J'oublierai à la fois mes larmes et mes peines
Alors, peut-être je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur à ton bois."
Françoise Hardy. L'amitié.
"Le vieil âge toujours. La tentation de rappeler le grand rôle qu'on a pu jouer en de petites affaires.
Encore lui. Lorsqu'on mord dans une pomme avec la terreur d'y laisser une dent (ce n'est pas qu'une image). "
Pierre Hebey.
"Regardant le soleil se lever, trônant devant sa table de fer laqué où fumait une cafetière, ouvrant le premier petit pain sorti de chez le boulanger espagnol voisin, enfonçant son couteau à bout rond dans une petite motte de beurre perlée d'eau, et contemplant du haut de notre colline la ville d'Alger que le soleil dans une heure écrasera, mon grand-père, dans cette merveilleuse solitude qu'assure le dernier moment de fraîcheur dispensé par la nuit, me disait lorsqu'il m'arrivait, à moitié endormi, de le rejoindre:
- C'est ainsi que la vie toujours devrait être. Il ne faut pas lui demander plus.
Sa présence m'accompagne chaque été et m'aide à retrouver de vieilles ivresses intransmissibles devant les arbres virgiliens, les produits de la terre et ceux de l'élevage. Je souhaiterais éprouver sa joie complète, en savourant un verre de lait qu'on a laissé cailler dans le garde-manger grillagé, en regardant une grappe de muscat blanc, jaune sombre, aux grains détachés qu'il présentait au soleil. Parfois, j'y parviens presque."P. Hebey.
« Et puisque, désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m'appartient et ma richesse intérieure est immense. »
Etty Hillesum
« Bon, on veut notre extermination complète... et en même temps, j'ai une certitude: je trouve la vie belle, digne d'être vécue, et pleine de sens... La vie et la mort, la souffrance et la joie, les ampoules des pieds meurtriS, le jasmin derrière la maison, les persécutions, les atrocités sans nombre, tout, tout est en moi et forme un ensemble puissant, je l'accepte comme une totalité indivisible et je commence à comprendre de mieux en mieux pour mon propre usage, sans pouvoir encore l'expliquer à d'autres la logique de cette totalité. Je voudrais vivre longtemps pour être un jour en mesure de l'expliquer, mais si cela ne m'est pas donné, eh bien, un autre le fera à ma place, un autre reprendra le fil de ma vie là où il sera rompu. »
«L'absence de haine n'implique pas nécessairement l'absence d'une élémentaire indignation morale. Je sais que ceux qui haïssent ont pour cela de bonnes raisons. Mais pourquoi devrions-nous choisir toujours la voie la plus facile, la plus rebattue? Au camp, j'ai senti de tout mon être que le moindre atome de haine ajouté à ce monde le rend plus inhospitalier encore»
«C'est par le vide entre deux bûches que le feu brûle »
M. Jourdan
« J'apprends déjà à aimer autant le froid que le chaud, à tout accueillir de la nature, à accepter le danger du serpent, le vieillissement, l'usure, la fatigue, la faim et l’impermanence. Puis toute la soirée des pommes cuisant près du feu une journée dans la montagne ni plus ni moins. »
" (..) s'éveilla en nous le sentiment de la non-fragmentation. Rien n'est séparé
de rien, le balancement: joie - peine - effort - repos - espoir - désespoir, se
vit à l'intérieur d'une cohésion et non selon des alternatives contradictoires et indépendantes. Nous avons aussi appris que la plus grande mutilation que l'on puisse faire à l'homme, c'est de le priver de toute insécurité."Pierre Rabhi
"Avec l'âge survient et grandit chez un trop grand nombre d'hommes , prélude au sommeil définitif, une inappétence de l'esprit, un dégoût devant l'effort de connaître, une anorexie mentale."
T. Maulnier.
"Un des plus grands bonheurs: donner ce qu'on ne possède pas, ou qu'on ne possédera qu'en le donnant. L'espoir, quand on désespère. Le courage, quand on n'est que peur. La paix, quand on n'est que tumulte. Et la maîtrise de soi quand on n'est qu'une insurrection de Ça hirsutes. "
C. Roy
"Par temps clair, hiver pur, été sec, la plus belle lumière est celle de la fin du jour, rasante, intense, dorée, sœur vive des ombres longues et promesse du repos de la vie. Rembrandt suggère qu'il peut y avoir des fins de vie éclairées de cette lumière-là, vies de vieux hommes rassasiés de jours, et que douleur, joie et sagesse ont passées au tamis."
C. Roy.
"Dans la notice nécrologique rédigée par Suzan pour le journal local, les dons
d'Emily pour le jardinage sont mis en avant, ceux pour l'écriture à peine
mentionnés."
C. Bobin
Emily Elizabeth Dickinson, (10 décembre 1830 - 15 mai 1886) fut une poétesse étatsunienne. Bien qu’elle fût inconnue pendant toute sa vie, Dickinson est aujourd’hui considérée avec Walt Whitman comme faisant partie des poètes fondateurs américains du XIXe siècle. Emily Dickinson a passé la majeure partie de sa vie recluse dans une chambre de la maison de ses parents à Amherst, et, excepté cinq poèmes (dont trois furent publiés anonymement et un autre sans que l’auteur en ait eu connaissance), son immense œuvre resta inédite et cachée jusqu’après sa mort. Comme le dit joliment Christian Bobin qui lui consacre son dernier opus, "un lecteur d'Amherst, après avoir lu J'avis de décès lui confirmant qu'il est, lui, bien vivant, se souviendra quelques secondes de celle qui éblouissait le ciel avec ses camélias et ses jasmins, puis il passera à autre chose ignorant qu'en tournant la page du journal il venait d'enterrer la sainte du banal."
Lu dans :
La Dame Blanche. Christian Bobin. Gallimard. Coll. L'Un et l'Autre. 2007. 120 p. (ext. p.119)
"La vie humaine est tissée de prose et de poésie."
E. Morin
"L'oiseau de Minerve prend toujours son envol au crépuscule."
Hegel.
"Les développements de notre civilisation en menacent les fondements."Edgar Morin.
"J'aime la verve sombre de Cioran. Parfois.Mais le plus souvent, son pessisme me blesse. C'était son fonds de commerce,
certes..."
Francis DannemarkLe jour de la citation de Cioran "nous survivons tous à nos problèmes" , Francis revenait de l'enterrement d'un ami cher, suicidé peu auparavant. Comme il le note avec justesse, "lui n'a pas survécu à ses problèmes. "
"Nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes."
Emil Michel Cioran
"Aussi longtemps qu'existera l'espace,
Aussi longtemps qu'il y aura des êtres,
Puissé-je moi aussi demeurer
Pour dissiper la douleur du monde."
Matthieu Ricard.

« Je t'assure. Vas-y, coince ton pied à gauche et lance-toi." Comme il me
l'a appris, j'emplis mes poumons d'air, je vérifie que la corde est bien tendue,
j'arrive à coincer mon pied dans la fente, je m'élève, je sens mon pied qui
tremble et tout d'un coup il me semble que je n'ai plus aucune force dans
la jambe et que mon corps tout entier n'est plus que spasme, convulsion et
tremblement. Je suis pris d'une intense angoisse, une sueur glacée m'inonde le
dos. Je ne vois pas Stéphane mais lui, de l'anfractuosité où il est
parvenu, peut me voir. Il me dit: "Ta main, ta main gauche puis la droite et
quand tu as rapproché suffisamment ton pied tu y vas." Je n'ai plus aucune
force, comment m'élever sur mes mains? Il m'assure, il va me tirer. Je tâte
instinctivement la corde. Elle n'est pas tout à fait tendue. Donc Stéphane ne
compte pas me tirer de ce mauvais pas grâce à la corde. Il pense que je puis le
faire seul. Une sorte de force me revient. Je lance ma main droite. Je sens la
prise, je ne l'ai que du bout des doigts. La main gauche s'accroche aussi. Mon
pied dérape sur la dalle. Impossible de m'élever. La voix dit: "A gauche, en
oblique, cale ton pied." Je sens une résistance, je prends appui dessus et d'un
dernier effort j'élève le pied droit. Je passe, je suis passé. Lui devant,
assuré par lui, mais en somme seul, tout seul."
".. s'affranchir de l'écume du quotidien pour gagner la profondeur de
la vague."
Patrick de Saint Exupéry
lu dans : Percy Bysshe Shelley. Adonais: An Elegy on the Death of John
Keats. (343-44), stanza 39
Lu dans Théorie du voyage. Poétique de la géographie. Michel Onfray. Le Livre de Poche, 2006
lu dans : Angoisse et Certitude. Maurice Schumann. Flammarion 1978. p.8.
Son père affirmait volontiers: « Quand je serai à la retraite, je mettrai un pantalon en velours. » Cette tenue lui paraissait celle du loisir et de la liberté, par contraste avec le costume trois pièces que lui imposait sa profession. Il est mort avant d'avoir mis son pantalon en velours."
Lu dans : L'Age de vivre. Colette Nys-Mazure. DDB. 2007. p.18.
Photo CVW, exposition Cocons de lumière. Dimiri Pariméros. Les Brigittines. janvier 2008.

« Avant d'habiter un pays, on habite une langue et plus on possède de mots pour y définir sa place, plus on a de chances d'y occuper tout son espace. »
" Un ami, c'est quelqu'un dont le bonheur suffit au vôtre ".
"La culture , c'est l'ensemble des formes qui ont été plus fortes que la
mort."André Malraux.
"Renoncer au meilleur des mondes, n'est pas renoncer à un monde
meilleur."
E. Morin.
"Essaie de voir naître le moment où se fait le passage
Pour cela les oiseaux t'aideront car eux ils savent."
Guillevic. Possibles futurs. (*)
C'est l'histoire d'un village, mécontent de son entrée, qui décide d'inviter un sculpteur. Cet homme connu et apprécié observe longuement le paysage, inspecte les alentours, se promène dans les ruelles, écoute chanter la rivière et accueille les premières hirondelles. Quelques matins plus tard il se fait livrer un énorme bloc de pierre. Le lendemain, tous les habitants du village sont là, admiratifs pour le voir manier ses outils, après une semaine ils ne sont déjà plus que quelques badauds et quinze jours après ils ne sont plus personne à le regarder travailler. Personne sauf un enfant qui l'observe en silence. Lorsque après plusieurs mois de travail et de patience l'oeuvre est inaugurée, un magnifique cheval trône à l'entrée du village. L'enfant l'observe , et rompt enfin son silence : "Dis monsieur, quand tu as vu le gros bloc de pierre, comment savais-tu qu'il y avait un cheval dedans? " (*)
Belle allégorie pour l'an neuf inauguré ce matin. Il cache un cheval, et bien d'autres choses qui nous sont propres à chacun. Rude tâche que d'en découvrir les contours en les créant patiemment jour après jour. Rien ne préexiste, les pages à écrire sont vierges, à l'encre sympathique. L'avenir n'est ni préécrit ni redondant, comme on aime parfois nous le faire croire. Je vous souhaite un beau cheval.
"La Nature (disent les Utopiens) invite tous les hommes à s'entraider mutuellement , et à partager en commun le joyeux festin de la vie . (...)
La Nature a donné la même forme à tous ; elle les réchauffe tous de la même chaleur , elle les embrasse tous du même amour ; ce qu'elle réprouve , c'est qu'on augmente son bien-être en aggravant le malheur d'autrui ."
"Il faut que je vous dise
Qu'un bisou, une bise,
C'est souvent
glacé
Et que les mots "Je t'embrasse"
Rarement remplacent
La douceur
d'un baiser."Francis Dannemark
Ce petit aphorisme tendre de Francis Dannemark me permet de réinitier ma liste, laissée en friche pour parer à plus pressé durant de longs mois. Cela devrait aller mieux. Bon week end.
"Quand on a pour seul outil un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous."

"Un lit de lumière, une chaise de silence, une table en bois d'espérance, rien d'aute: telle est la petit chambre dont l'âme est locataire."
Christian Bobin . Ressusciter.La maman d'amis chers s'est éteinte ce jour. Mieux que jamais je mesure ce que ce terme de "s'éteindre" signifie, illustré par les quelques mots de Bobin si parlants en cette circonstance.
"Le jeu est un plaisir. 200.000 personnes en souffrent."
Sagesse des grafitis muraux.
"Je ne me sens jamais aussi seule que dans la foule."
Sagesse d'une patiente anonyme
"J'ai eu des maîtres éminents.
Je me suis réjoui de mes progrès,
de mes
triomphes.
Quand j' évoque le savant que j'étais,
je le compare à l'eau
qui prend la forme du vase
et à la fumée que le vent dissipe."
"Sur le chemin de Saint -Sernin les flocons de neige se précipitaient sur moi avec la gaieté d'enfants porteurs d'une bonne nouvelle: «Ta vie dans l'absolu n'est pas plus longue que la nôtre - mais comme elle, éternelle. »
Christian Bobin. Une bibliothèque de nuages.





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