30 novembre 2005

Tendre vers la perfection

Vous voulez peindre une peinture parfaite
tendez-vous même vers la perfection
et peignez naturellement

Sagesse Zen , citée par Simon Leys

29 novembre 2005

E-ducere

E-ducere.
Conduire dehors.

... l'éducation: révéler à l'enfant l'immensité de ce qui l'entoure, et qui l'habite.
Tout le reste vient longtemps, longtemps après.

Christiane Singer. N'oublie pas les chevaux écumants du passé.

28 novembre 2005

Opposition, résistance

"Moi, je ne m'oppose pas, je résiste. Nuance ! L'opposition laisse éternellement insatisfait. l'opposant cherche le pouvoir. Il est noué de convoitise. Le résistant, lui, ne revendique rien, si ce n'est sa liberté. Il n'a que faire de conquérir, de convaincre, de gagner. Il est seul et heureux dans sa solitude. il n'a besoin d'aucun parti, d'aucune idéologie. Sa morale lui suffit. une solide morale, lentement forgée, est la boussole qui permet d'avancer, tandis qu'une idéologie ne sera souvnet qu'un carcan qui empêche de dévier"

V. Magos

27 novembre 2005

Blaise Pascal

Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n'est pas un autre sommeil un peu différent du premier.
Blaise Pascal . Pensées

22 novembre 2005

Sagesse persane

« Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages, et toujours nous cherchons la mer pour les y tremper, sans voir que nos lèvres sont les plages et que nous sommes la mer. »
Attâr, poète mystique persan, XIIème et XIIIème siècles

Sagesse de l'eau

"La vie c'est de l'eau.. Si vous mollissez le creux de la main, vous la gardez, Si vous serrez les poings, vous la perdez."
Jean Giono.

22 novembre: il y a 42 ans, l'assassinat du président Kennedy. Dans ma mémoire, c'est comme si c'était hier. J'avais 12 ans et me demande si ce n'est pas ce qui m'a fait sortir de l'enfance.
Dans un tout autre domaine, récit touchant d'une patiente célibataire quinquagénaire ce soir à la consultation. Le récit se place à l'accueil d'un restaurant: combien de personnes madame? Je suis seule. "Hola" compassionnel. Est-ce une tare, monsieur? Un ange passe. Il reste une table pour personnes seules, en fond d'établissement, derrière la caisse, invisible de tous.

20 novembre 2005

Sagesse des maisons que l'on quitte

"Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s'endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros oeuvre, ça sent le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c'est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit. Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l'acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n'ayez crainte Madame, c'est hanté c'est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, "finis tes devoirs", "il est trop lourd mon cartable", "laisse tranquille ton frère", "les enfants : à table !".

Superbes paroles d'un auteur compositeur que je découvre ce soir grâce à une de mes frères. Comment ne pas être touché par cette poésie du quotidien, réflexion sur l'âme d'une maison que l'on quitte?

Bénabar . Quatre murs et un toit.

18 novembre 2005

Sagesse de l'eau

Pour un esprit, venu d'ailleurs, qui tomberait sur cette Terre et qui en ignorerait tout, l'eau serait un objet de stupeur presque autant que le temps. L'eau est une matière si souple, si mobile, si proche de l'évanouissement et de l'inexistence qu'elle ressemble à une idée ou à un sentiment. Elle ressemble aussi au temps, qu'elle a longtemps servi à mesurer, au même titre que l'ombre et le sable. Le cadran solaire, le sablier, la clepsydre jettent un pont entre le temps et la matière impalpable de l'ombre, du sable et de l'eau. Plus solide que l'ombre, plus subtile que le sable, l'eau n'a ni odeur, ni saveur, ni couleur, ni forme. Elle n'a pas de taille. Elle n'a pas de goût. Elle a toujours tendance à s'en aller ailleurs que là où elle est. Elle est de la matière déjà en route vers le néant. Elle n'est pas ce qu'on peut imaginer de plus proche du néant: l'ombre, bien sûr, mais aussi l'air sont plus si l'on ose dire - inexistants que l'eau.

Ce qu'il y a de merveilleux dans l'eau, c'est qu’elle est un peu là, et même beaucoup, mais avec une délicatesse de sentiment assez rare, avec une exquise discrétion. Un peu à la façon de l'intelligence chez les hommes, elle s'adapte à tout et à n'importe quoi. Elle prend la forme que vous voulez : elle est carrée dans un bassin, elle est oblongue dans un canal, elle est ronde dans un puits ou dans une casserole. Elle est bleue, verte ou noire, ou parfois turquoise ou moirée, ou tout à fait transparente et déjà presque absente. Elle est chaude ou froide, à la température du corps, ou bouillante jusqu'à s'évaporer, ou déjà sur le point de geler et de se changer en glace. Tantôt vous l'avalez et l'eau est dans votre corps; et tantôt vous vous plongez en elle et c'est votre corps qui est dans l'eau. Elle dort, elle bouge, elle change, elle court avec les ruisseaux, elle gronde dans les torrents, elle s'étale dans les lacs ou dans les océans et des vagues la font frémir, la tempête la bouleverse, des courants la parcourent, elle rugit et se calme. Elle est à l'image des sentiments et des passions de l'âme.

Ce serait une erreur que de prêter à l'eau, à cause de sa finesse et de sa transparence, une fragilité dont elle est loin. Rien de plus résistant que cette eau si docile et toujours si prête à s'évanouir. Là où les outils les plus puissants ne parviennent pas à atteindre, elle pénètre sans difficulté. Elle use les roches les plus dures. Elle creuse les vallées, elle isole les pierres témoins, elle transforme en îles des châteaux et des régions entières.

Elle est douce, fraîche, légère, lustrale, bénite, quotidienne, de vie, de rose, de fleur d'oranger, de cour, de toilette ou de table, thermale ou minérale, de Cologne ou de Seltz. Elle peut aussi être lourde, saumâtre, meurtrière et cruelle. Sa puissance est redoutable. Ses colères sont célèbres. Elle porte les navires qui n'existent que par elle, et elle leur inflige des naufrages qui font verser des larmes aux veuves de marins. Lorsqu'elle se présente sous forme de mur, lorsqu'elle s'avance, selon la formule des poètes et des rescapés, à la vitesse d'un cheval au galop, lorsqu'elle s'abat sur les côtes et sur les villes, elle fait surgir du passé les vieilles terreurs ancestrales.

Aussi vieille que la terre, ou plus vieille, plus largement répandue à la surface de la planète, complice des algues, des nénuphars, du plancton et du sel, fière de ses origines, consciente des services qu'elle a rendus à l'homme dont elle a longtemps abrité et nourri les ancêtres, puisque durant trois milliards et demi d'années tout ce qui vit est sous l'eau, elle considère toute matière autre qu'elle-même avec une sorte de dédain. Comme la lumière, elle est nécessaire à la vie. Supprimez l'eau, c'est le désert, la ruine, la fin de tout, la mort. II n'y a pas d'eau sur la Lune. Aussi peut-on assurer que ses paysages sont lunaires.

Jean d'Ormesson
L'EAU
Presque rien sur presque tout

17 novembre 2005

On passe sa vie ...

"On passe sa vie
à prouver aux autres qu'on existe :
quelle connerie !"

Jacques Chanaz

16 novembre 2005

Séduction

«La beauté séduit la chair pour obtenir la permission de passer jusqu'à
l'âme.»
Simone Weil

Ephémères

....Éphémères !
Qu'est l'homme ? Que n'est pas l'homme ? L'homme est le rêve
D'une ombre...Mais quelquefois, comme
Un rayon descendu d'en haut, la lueur brève
D'une joie embellit sa vie, et il connaît
Quelque douceur...

Pindare, traduit par Marguerite Yourcenar
Hymne Pythique, 95-100

15 novembre 2005

Lucidité et dérision

Jean se savait perdu. Il avait dit : "Fin de moi difficile.", formule admirable d'humour, de lucidité et de douleur."

Edgar Morin. Pleurer, aimer, rire, comprendre.

13 novembre 2005

De coeur à coeur


"Le plus court chemin de soi à soi, c'est l'autre."
Paul Ricoeur















En exergue du dernier Prix Medicis de l'Essai, dont j'extrais ces belles lignes sur le bonheur. petit cadeau anodin mais précieux pour commencer sa semaine.

"Je me suis laissé porter par la vague, je me suis allongée et le malaise est passé. Maintenant, je me repose dans un fauteuil en osier. Le monde s'engouffre par les portes de mes yeux, je le laisse entrer et il m'emplit d'une matière aérienne, élastique et douce. Je suppose que c'est le bonheur, cette alliance de la lumière, du son et de la douceur de l'air. Le bonheur dure peu de temps, mais, si on lui en laisse la place, il peut occuper un très grand espace.
Le malheur n"est pas le contraire du bonheur. Il n'en est pas le revers, pas plus que la vie n'est une médaille qui présenterait alternativement sa face claire et sa face d'ombre. Le malheur ne s'use pas. Le malheur peut durer longtemps. Mais, si on lui interdit de s'étendre, on arrive à restreindre considérablement la place qu'il occupe. Il faut s'y employer bien sûr un peu sérieusement.

Le malheur et le bonheur peuvent cohabiter. Il n'est pas donné à tout le monde de le savoir. Il n'est pas donné à tout le monde de forcer les portes de l'expérience. "

in La Vie sauve. L. Violet et M. Desplechin.

11 novembre 2005

vivent les mariés


C'était

C'était l'union particulière
D'un rayon de lune à la mer
Ou de la nuit à la lumière
L'alliance de deux univers

C'était le vent mêlé aux flots
Le sable aux plumes d'un oiseau
C'était un souffle au ras de l'eau
Un peu de sel au grain de peau

C'était un conte une berceuse
Pour une petite fille sage
La brise souple et vaporeuse
Semblait animer les images

C'était quelques heures d'insouciance
Comme la mariée était belle
C'était un peu d'adolescence
Dans les couleurs d'une aquarelle

Régine Foucault

Vivent les mariés de ce jour, que la vie leur soit belle.

à Göttingen

















"Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s'étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j'aime,
A Göttingen, à Göttingen."
Barbara

11 novembre, armistice , les armes de 18 se turent. L'Histoire
hélas repasse les plats.
Ce soir, Barbara chante à Göttingen, ville universitaire en Basse-Saxe,
à mi-chemin entre Bonn et Berlin, quelques années à peine après la fin
de la guerre 40-45. Les enfants blonds de Göttingen doivent s'y mettre
à 50 pour hisser le lourd piano à queue sur la scène. Elles et eux se
parlent par gestes et sourires, ne se comprenant guère.
Et quand elle apparaît enfin, pâle et noire dans le halo des
projecteurs, il se lèvent et fredonnent avec elle la petite cantate
dédiée à son accompagnatrice morte récemment. L'émotion est palpable,
la guerre si proche, si lointaine. Barbara termine ce soir-là en improvisant
un cantique sur la paix revenue, dédié à ses blonds amis de Göttingen .

Faites que jamais ne revienne...

09 novembre 2005

08 novembre 2005

07 novembre 2005

06 novembre 2005

Proverbe africain

Quand un arbre tombe, on l'entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit."
Proverbe africain

05 novembre 2005

Sagesse corse

" Tira più un capèllu di dónna capu su ca una funa capu iò "

Un cheveu de femme a plus de force en montée
qu'une corde en poil de chèvre en descente.


Proverbe corse

04 novembre 2005

Sagesse latine

"Tecum habita."
adage latin

"Habite avec toi-même", ou mieux "vis en bonne harmonie avec toi-même".
Tout un programme.

03 novembre 2005

La lumière des choses
















"La lumière qui se dégage des choses,
il faut la fixer dans les mots avant qu'elle ne se soit éteinte dans l'esprit."
Bashô

02 novembre 2005

la vie ..

La vie peut être plus belle que ne la consentent les hommes.
La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour.

André Gide

01 novembre 2005

L'ignorance et la sagesse

"La véritable connaissance est de connaître l'étendue de son ignorance »

Confucius


Art, musique et transcendance














"Mon rapport à la transcendance passe part l'art et en particulier par la musique. Mais non par les pratique religieuses. Les salles de concert sont mes églises. Et les quatuors de Schubert me parlent, plus éloquemment que les arguments philosophiques, d'un au-delà qui nous dépasse et nous entoure de toutes parts. Je rejoins Saint-John Perse : « Quand les mythologies s'effondrent, c'est dans la poésie que trouve refuge le divin ».

Hubert Reeves . Intimes convictions.

Fête de Toussaint. Quand la nature épouse le symbole, les feuilles mortes qui virevoltent dans le vent et sont tombées en masse en quelques heures, jonchant le sol d'une couche ocre et odoriférante qui adoucit la marche, quand la nuit s'allonge d'une heure pour donner aux soirées une ambiance d'hiver, quand d'énormes chrysanthèmes se balladent en rue sur des jambres habillées de sombre comme des hommes-fleurs, perce en nous les éternelles questions sans réponse : qui sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous?

27 octobre 2005

L'avenir possible

"Pour ce qui est de l'avenir,
il ne s'agit pas de le prévoir,
mais de le rendre possible."

Antoine de Saint-Exupéry

Je vous souhaite une bonne semaine
CV.

26 octobre 2005

Les amandes en deuil

"Il (papa) casse une noix en l'écrasant dans sa main,
il la mâhe avec plaisir.
Maman aimait bien les amandes, à table il n'y en a pas,
je n'en ai pas acheté. A table il faut un peu de deuil."

Erri De Luca. Montedidio.

On portait le deuil jadis, petite place discrète faite aux
disparus dans nos journées, dans notre vie. Peut-être nous
faudra-t-il réinventer cette connivence avec des signes qui
soient contemporains, clin d'oeil fugace à l'être cher pour
lui signifier "Tu es là , et tu n'es pas là. On n'oublie rien."

Tijl Uilenspiegel portait les cendres de Claes son père dans
une pochette qui lui battait la poitrine, et le rappelait souvent.
Il existe sans doute des signes plus poétiques, telles les étoiles
qui rient, pareilles à mille grelots, du Petit Prince. Il nous
reste à réinventer Halloween et la Toussaint avec des accents
de notre temps.

25 octobre 2005

De Fernando Pessoa



"Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer ! "


Fernando Pessoa
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes

24 octobre 2005

la bcyclette et le vélo







"C'est le contraire du vélo, la bicyclette. Une silhouette profilée mauve fluo dévale à soixante-dix à l'heure : c'est du vélo. Deux lycéennes côte à côte traversent un pont à Bruges : c'est de la bicyclette. L'écart peut se réduire. Michel Audiard en knickers et chaussettes hautes au comptoir d'un bistro : c'est du vélo. Un adolescent en jeans descend de sa monture, un bouquin à la main, et prend une menthe à l'eau à la terrasse : c'est de la bicyclette. On est d'un camp ou bien de l'autre. Il y a une frontière. Les lourds routiers ont beau jouer du guidon recourbé : c'est de la bicyclette. Les demi-course ont beau fourbir leurs garde-boue : c'est du vélo. Il vaut mieux ne pas feindre, et assumer sa race. On porte au fond de soi la perfection noire d'une bicyclette hollandaise, une écharpe flottant sur l'épaule. Ou bien on rêve d'un vélo de course si léger : le bruissement de la chaîne glisserait comme un vol d'abeille. A bicyclette, on est un piéton en puissance, flâneur de venelles, dégustateur du journal sur un banc. A vélo, on ne s'arrête pas : moulé jusqu'aux genoux dans une combinaison néospatiale, on ne pourrait marcher qu'en canard, et on ne marche pas.

C'est la lenteur et la vitesse ? Peut-être. Il y a pourtant des moulineurs à bicyclette très efficaces, et des petits pépés à vélo bien tranquilles. Alors, lourdeur contre légèreté ? Davantage. Rêve d'envol d'un côté, de l'autre familiarité appuyée avec le sol. Et puis, opposition de tout. Les couleurs. Au vélo l'orange métallisé, le vert pomme granny, et pour la bicyclette, le marron terne, le blanc cassé, le rouge mat. Matières et formes aussi. A qui l'ampleur, la laine, le velours, les jupes écossaises ? A l'autre l'ajusté dans tous les synthétiques.

On naît à bicyclette ou à vélo, c'est presque politique. Mais les vélos doivent renoncer à cette part d'eux-mêmes pour aimer, car on n'est amoureux qu'à bicyclette."

Philippe Delerm

23 octobre 2005

Voyage en Hollande


"Il n'est à voir que ton visage
Entendre que ta voix aimée
Car soient mes yeux ou non fermés
Je n'ai que toi de paysage

Que toi de ciel et d'horizon
Que toi de sable dans mes dunes
De nuit noire et de clair de lune
De soleil à mes frondaisons

Breughel d'Enfer ou de Velours
Moulins tulipes diableries
N'est Hollande à ma songerie
Que mon amour que mon amour."

Louis Aragon Le voyage en Hollande

un au revoir



















"Je donne sans regret toutes les belles paroles des plus grands esprits pour cette seule remarque de A., regardant un moineau folâtrer à ses pieds à la terrasse d'un café: « Celui-là, il ne saura jamais à quel point il me fait plaisir."
C. Bobin

Si le grands bonheurs sont simples, le mystère de la disparition d'un être cher nous laisse muets: la réserve de rires, de rêves, de découvertes paraissait encore si peu entamée.
Henriane, l'épouse de Dominique Pestiaux, a quitté ses proches dans la sérénité ce samedi après midi. Leur diginité dans l'épreuve nous a tous fait grandir, et mesurer le vide que laisse pareille disparition. Pour tout cela, nous voudrions leur témoigner notre gratitude et notre amitié.

Henriane lisait certains de ces modestes messages entre café et journal. Regardant le ciel étoilé les soirs de temps clair, on aura bonheur à l'imaginer sur une étoile guère éloignée de celle du Petit Prince découvrant les pensées de ses frères humains qu'elle aimait tant.



21 octobre 2005

clin d'oeil à Folon

















" Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur."
J Prévert

Petit clin d'oeil à Folon qui nous a quittés .

20 octobre 2005

Grosses poubelles

" Nous sommes pleins de choses
qui nous jettent à la porte de nous mêmes."
Jean Cocteau

sagesse du départ

"A quoi bon la pompe et l'apprêt ?
Nu je suis né , nu je mourrai."

Pallaas, 5e s. de notre ère.
Anthol pal. X, 53

19 octobre 2005

Silence, désert


"Ne dites pas
de "Faire silence" :
Arrêtez de faire du bruit
le silence est là depuis toujours

Jean Yves Leloup. Désert, déserts

17 octobre 2005

Le chant du merle





















J'entends à mon réveil le chant d'un merle. Mon choix à cet instant est le suivant: entrer dans ma journée avec cette cantate ailée, ou appuyer sur le bouton du transistor pour entendre les nouvelles d'un monde qui, au fond, ne sont jamais neuves. Ma joie et mon coeur vont vers le merle et je ne sais quelle puissance plus grande me fait appuyer sur le bouton du poste. Étrange comme nous sommes à nous-mêmes nos pires adversaires.

C Bobin

16 octobre 2005

Les ailes des libellules

"Je suis un jour entré dans un lien où chaque parole de l'un était recueillie sans faute par l'autre. Il en allait de même pour chaque silence. Ce n'était pas cette fusion que connaissent les amants à leurs débuts et qui est un état irréel et destructeur. Il y avait dans l'amplitude de ce lien quelque chose de musical et nous y étions tout à la fois ensemble et séparés, comme les deux ailes diaphanes d'une libellule. Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l'amour n'a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu'il n'est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première - celle qui permet de vendre toutes les autres. L'amour est le miracle d'être un jour entendu jusque dans nos silences, et d'entendre en retour avec la même délicatesse: la vie à l'état pur, aussi fine que l'air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse."

Christian Bobin

13 octobre 2005

tout passe et tout demeure


Tout passe
et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
Voyageur, le chemin
C'est les traces
de tes pas
C'est tout ; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer

Antonio Machado

12 octobre 2005

Avec des ombres

photo c demey
















Un homme de lumière.
Un homme sans ombre?
Celui qui a marché dans le désert La compris:
C'est l'enfer!

Heureusement
Dieu a créé l'homme de lumière Avec des ombres

J.Y Leloup Désert, déserts


Rêve éveillé

"J'ai rêvé sans dormir
Peut-être sans m'éveiller."

Manuel Machado

11 octobre 2005

I tried to reach you
















"I stood reflected
Saw myself
I gripped the window
Pressed my mouth
I tried to reach you
Through the mirror
Through the Window
Through the past
I tried to reach you but
The light deceived me
Where 1 was was
Only shadow
What 1 pressed was
Only glass

Let the mirror that
Keep us apart
Become
The window of
The heart."

Chris Cutler. I tried to reach you

Superbe poème découvert aujourd'hui au détour d'une lecture,
ode à la communication et à sa difficulté.
Et en même temps, superbe ode d'espérance.

Je vous souhaite une bonne semaine
CV.

09 octobre 2005

Vita brevis

photo c demey














Vita brevis

op de dijk loopt een man
naast de man rent een hond
maar de weg is nog lang
en de aarde is rond
Jan Bosmans

sur la digue.........un homme qui court
à ses côtés ......son chien.......ne le lâche pas d'une semelle
mais la route est encore longue
et la terre est ronde
Jan Bosmans

A Wan Wei










L'ombre légère d'un nuage errant
caresse l'herbe furtivement
Le ciel est ciel calme
miroir tissé de la clarté du jour
La vie dans le creux de la main
rire d'eau fraîche à la fontaine
Les feuilles tremblent dans le vent
Un oiseau chante légère joie
et la douleur pour un instant
oublie le temps

A WANG WEI . Claude Roy

Petite pensée amicale à ceux
dont ce jour commence par une douleur

06 octobre 2005

sagesse antique



"Dans tous les cas, mariez-vous. Si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux; et si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l'homme"

Socrate

04 octobre 2005

Sagesse yiddish

"La vieillesse, c'est l'hiver pour les ignorants et le temps des moissons pour le sage"

Proverbe yiddish

03 octobre 2005

Sagesse des rides sur le visage

















... à la recherche, inlassablement, de l'unité primordiale perdue .

"Je compare la vie d'un homme à la terrifiante beauté d'un bonzail ou d'un vieux pin sur les récifs en bord de mer qui a pris les plis du vent avec le temps. On le juge beau à l'automne de sa vie, mais quel sacrifice a-t-il dû accepter pour pousser ainsi? S'il a connu un destin singulier, c'est que, dès sa tendre enfance, il a été éprouvé par les tempêtes, ballotté par les vents, les intempéries de toutes sortes. Déraciné, transporté d'un milieu à un autre, subissant les affres d'acclimatations bizarres, il n'est plus jamais à l'aise ni dans un lieu ni dans un autre... Il recherche alors, forcément, inlassablement, l'unité primordiale perdue."

Fabienne Verdier

02 octobre 2005

"...une coulée de tons...









" L'an dernier j'ai suivi Claude Monet à la recherche d'impressions. Ce n'était plus un peintre, en vérité, mais un chasseur. Il allait, suivi d'enfants qui portaient ses toiles, cinq ou six toiles représentant le même sujet à des heures diverses et avec des effets différents. Il les prenait et les quittait tour à tour, suivant les changements du ciel. Et le peintre, en face du sujet, attendait, guettait, le soleil et les ombres, cueillait en quelques coups de pinceau le rayon qui tombe ou le nuage qui passe, et, dédaigneux du faux et du convenu, les posait sur la toile avec rapidité. Je l'ai vu saisir ainsi une tombée étincelante de lumière sur la falaise blanche et la fixer à une coulée de tons jaunes qui rendaient étrangement surprenant l'effet de cet insaisissable et aveuglant éblouissement. Une autre fois, il prit à pleines mains une averse abattue sur la mer et la jeta sur sa toile. Et c'était bien de la pluie qu'il avait peinte ainsi, rien que de la pluie voilant les vagues, les roches et le ciel à peine distincts sous ce déluge."

Guy de Maupassant, La vie d'un paysagiste, 28 septembre 1886

01 octobre 2005

N'être que Borges


"Avec l'âge, j'ai appris à me résigner à être Borges."
Jorge Luis Borges





Pour rassurer mes amis qui s'inquiètent: la phrase d'hier (le gel , le silence dur et glacial.. ) est fortuite, et ne correspond à rien de vécu passé ou présent. Bon mental, pas de soucis. Ouf.
Par contre à celle d'aujourd'hui je pourrais adhérer .

30 septembre 2005

le silence et la glace










"Comme l'eau se change en glace, parfois le silence devient dur.
Dur et blessant comme une arme. "

Erik Orsenna

Amour amitié

"L'amour n'est pas forcément un sentiment réciproque. L'amitié au contraire, me semble-t-il, requiert toujours de la réciprocité. Je ne puis être l'ami de quelqu'un qui n'est pas mon ami."
Francesco Alberoni

On a tout dit, et son contraire, sur l'amour et l'amitié. Cette dernière phrase me paraît néanmoins contenir une réflexion originale.

28 septembre 2005

Lire, écrire




"Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l'écrit et celui qui le lit"
Jacques Salomé

27 septembre 2005

Lire

"Ma fille a sept ans, et parmi les autres parents de sa classe, certains se plaignent que leurs enfants ne lisent pas par plaisir. Lorsque je vais chez eux, la chambre des enfants est bourrée de livres hors de prix, mais celle des parents est vide. Ces enfants ne voient pas leurs parents lire, comme j'ai vu lire les miens chaque jour de mon enfance. En revanche, quand je vois dans un appartement des livres sur les étagères, des livres sur les tables de nuit, des livres par terre, des livres sur le réservoir d'eau des toilettes, alors je sais ce que je verrais si j'ouvrais la porte affichant « Privé - Interdit aux Grandes Personnes » : un gamin vautré sur son lit, en train de lire."
Catherine Pierre , Ex-libris

26 septembre 2005

Trois objectifs pour un système éducatif

"Un véritable système éducatif devrait se proposer trois objectifs. À tous ceux qui veulent apprendre, il faut donner accès aux ressources existantes, et ce à n'importe quelle époque de leur existence. Il faut ensuite que ceux qui désirent partager leurs connaissances puissent rencontrer toute autre personne qui souhaite les acquérir. Enfin, il s'agit de permettre aux porteurs d'idées nouvelles, à ceux qui veulent affronter l'opinion publique, de se faire entendre."

Ivan Illich Une société sans école

25 septembre 2005

Tu as été mon miroir

"Siempre fuiste mi espejo,
quiero decir que para verme tenía que mirarte."
Cortazar

"Tu as toujours été mon miroir
Je veux dire que pour me contempler moi-même,
il me fallait te regarder."

Merci à Emmanuel pour son aide diligente. C'est aussi beau que je le devinais.

A propos d'un vers de Cortazar



"Des grelons tombent durement sur Panurge et. quand ils se liquéfient, on voit qu'il s'agit de paroles gelées.
Tout livre est une parole gelée qui doit être réchauffée par la main des hommes."
D'après Rabelais, Panurge

Qui pourra me dégeler ces vers de Cortazar (extraits de Bolero)
"Siempre fuiste mi espejo,
quiero decir que para verme tenía que mirarte."

24 septembre 2005

du mensonge et autres tromperies

"Savoir que quelqu'un ment ne nous apprend rien sur ce qu'il pense."
Gilles Jobin

L'amour dans les arbres

"Sans les arbres dans lesquels il joue
le vent resterait invisible.
Ainsi des époux et de l'amour."
C. Singer

21 septembre 2005

Un court texte de Borgès


"Un homme qui cultive son jardin, comme le voulait Voltaire.
Celui qui est heureux que sur terre il y ait de la musique.
Celui qui découvre avec plaisir une étymologie.
Deux employés qui dans un café jouent silencieusement aux échecs.
Le potier qui prémédite une couleur et une forme.
Le typographe qui compose bien cette page,qui peut-être ne lui plaît pas.
Un homme et une femme qui lisent les tercets finaux d'un certain chant.
Celui qui caresse un animal endormi.
Celui qui justifie ou veut justifier un mal qu'on lui a fait.
Celui qui est heureux que sur terre il y ait Stevenson.
Celui qui préfère que les autres aient raison.
Ces personnes,qui s'ignorent,
ce sont elles qui sauvent le monde."

Les Justes. Jorge Luis Borgès.

20 septembre 2005

Au coeur de septembre



Et c'est à peine maintenant

qu'on se rend compte
que c'est passé.
..
Rien que pour un instant
L'éphémère devienne
Eternité

Saez

21 septembre. Fin d'été. Un seul ennui, les jours raccourcissent, comme le note bien Flora Groult.
Une lune pleine et ronde, grosse comme une Terre, taille des croupières au soleil depuis quelques jours.
Ce petit je ne sais quoi d'électrique dans l'air le matin est réapparu dans nos rues, avec la brume des pots d'échappement.
Les maux de dos réapparaissent, les céphalées, les toux irritatives. Et pourtant "j'aime septembre, ses jours plus courts
ses nuits plus longues, quand je vois descendre De l'or et de l'ambre Au fond de tes yeux." C'était Nana, c'était hier, c'est bien loin.

19 septembre 2005

Sagesse des humbles

"Il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre."
Condé

Pour la petite histoire, Hegel y ajouta, perfide, que le valet de chambre n'avait qu'un point de vue de valet de chambre, ne découvrant son maître que dans les banalités et les prosaïtés de la vie quotidienne.
Ce point de vue est pourtant vrai : le grand homme ne l'est jamais ni intégralement, ni en permanence
Le point de vue du valet de chambre doit être intégré et dépassé dans le méta point de vue (wouah!)où le grand homme est grand par ailleurs (en politique, à la guerre, en littérature).
Petite leçon de contextualisation, ou multifocalisation selon E. Morin.

Je vous souhaite une bonne semaine
CV.

Juger, comprendre

"Quand on ne peut comprendre, on commence par juger."
Nietzsche.

Le hasard de quelques lectures après avoir coché cette phrase du célèbre philosophe allemand m'en fait découvrir d'autres, que je ous joins:

« Le principe suprême de toute éducation : n'offrir un mets qu'à ceux qui ont faim. »
« Je ne pourrais croire qu'à un Dieu qui saurait danser.»

ainsi que ce court poème :
« Il fait nuit : voici que s'élève plus haut la voix des fontaines jaillissantes.
Et mon âme, elle aussi, est une fontaine jaillissante.
Il fait nuit: voici que s'éveillent tous les chants des amoureux.
Et mon âme, elle aussi, est un chant d'amoureux.»
Nietzsche

17 septembre 2005

Dimanche sans voiture

photo c demey

Je marche dix pas et elle s´éloigne dix pas.

Je marche cent mètres et elle s´éloigne cent mètres.

Si je la poursuis, je ne peux pas la prendre.

Ça sert à quoi, alors, l´utopie...?

Tout justement à cela : à faire marcher.

Eduardo Galeano.


Je vous souhaite un excellent dimanche sans voiture
CV.

15 septembre 2005

la belle incertitude du jeu

"Nous avons payé l'arbitre pour qu'il te déclare vainqueur; nous avons payé ton adversaire pour qu'il te laisse gagner. Le reste dépend de toi."
Marx Brothers

13 septembre 2005

Une image fugace


"Quelle chose étonnante - un dos qui s'éloigne -
le dos d'un être injustement blessé qui s'en va pour toujours !"
M. Aguéev.

Bois du lent oubli

"Bois du lent oubli
ombre souveraine
calme ma peine et mes regrets

beau bois épais
verse sur mon âme
ta sainte paix

verse en mon âme
comme un nyctamen
ta sainte paix
ta sainte paix."

Largo de Handel

11 septembre 2005

Sagesse boudhiste


"Il n’y a pas de grande tâche difficile
qui ne puisse être décomposée en petites tâches faciles."

Adage bouddhiste

10 septembre 2005

Suivre son chemin

"C'est une chose de penser que l'on est sur le bon chemin,
une autre de croire que ce chemin est le seul"

Paulo Coelho

08 septembre 2005

Sagesse de Lao Tseu

"Connaître les autres, c'est sagesse. Se connaître soi-même, c'est sagesse supérieure. Imposer sa volonté aux autres, c'est force. Se l'imposer à soi- même, c'est force supérieure."

Lao-tseu

Georges, au revoir la visite buissonnière



Une dernière fois Georges est allé marcher dans la mer, laissant les embruns gifler son visage de vieux boucanier, cassant de ses mollets aux chausses retroussées les vagues immortelles. Il se sait atteint d’un mal torpide et célèbre avec une joie sourde cette ultime baignade.

Tout dans le monde qui nous crée est le siège d’une répétition éternelle et rassurante : le retour du printemps, l’heure d’été, la fragilité des perce-neige, la splendeur mordorée des feuillages mosans à l’automne. La neige immaculée et le soleil pâle à travers les arbres nus. La pleine lune. Le retour des cigognes.

L’être humain se rassure comme il peut, jouant lui aussi à la répétition : célébration joyeuse des anniversaires, des fêtes liturgiques, des premières dents, des premières règles, des premiers salaires. « A l’an prochain, à la même heure » paraît être la devise d’une humanité de fêtards prenant congé les uns des autres au terme d’une année. Derrière les embrassades perce sans doute un zeste d’inquiétude, vite neutralisé par les rires et les pétards : si c’était la dernière fois? Où suis-je sur mon échelle du Temps, ce projet entamé serait-il le dernier, de combien de cailloux dispose encore le Petit Poucet qui dort en chacun de nous?

Nous sommes des créatures appelées à vivre un nombre incalculable de « dernières fois ». La dernière poussée dentaire, la dernière joie de l’enfantement, la dernière fois qu’on donne son sein chaud à téter à son dernier bébé, les dernières règles, la dernière fois à faire l’amour, la dernière cueillette des mirabelles, si juteuses et si parfumées cette année qu’on se dit qu’après en avoir goûté de pareilles on a connu le bonheur sur terre. Le dernier envol des canards sauvages. La dernière fois qu’on défait le lit de la petite dernière qui quitte la maison pour de bon avec son amoureux. La dernière fois qu’on pleure de bonheur en apprenant une naissance.

Petits deuils d’une existence, que je vous aurai appréciés. Mis bout à bout, ils portent un nom sublime : le bonheur. Ce fut celui d’une écriture depuis de longues années, sous un pseudo autorisant une transparence et une sincérité sans faille, des émerveillements quotidiens d’un simple généraliste. Les visites buissonnières racontaient la vie, d’emblée donc on savait qu’il y aurait une dernière fois. Toutes les fins ont quelque chose de magique : on est heureux, et on pleure à la fois. Merci aux innombrables lecteurs qui au fil des semaines nous ont encouragés de la parole ou de l’écrit. Ce dernier billet leur est dédié, comme un foulard qu’on agite au loin pour s’assurer qu’on ne s’oubliera pas.

Zénon.

07 septembre 2005

Sagesse du désert

photo c demey

Les vrais sages
Qu'ont-ils de plus que nous?

Plus de désert

C'est-à-dire moins ...
Moins de bruit
Moins de mental
Moins de soucis
Moins d'illusions
Moins d'argent
Moins ...

Les vrais sages
Sont déserts

Nous projetons sur eux
Nos plus beaux mirages
Et lorsque nous nous en approchons
Ils nous laissent seuls
Face à nous-mêmes

A nous de creuser
Notre propre puits

Découvrir alors
Que la sagesse
C'est le désert
« Moins» la soif

L'ombre ou l'oasis
Où rien n'entrave la lumière

Jean Yves Leloup, Désert, déserts

06 septembre 2005

Sagesse de l'instant


"Se fondre dans l'instant présent: éphémère, permanent, essentiel."
sagesse boudhique

Je vous souhaite une bonne semaine
CV.

05 septembre 2005

Le radeau de la Méduse


" Un radeau est chargé lourdement, la Méduse flotte à nouveau mais des avaries surviennent. L'évacuation est délicate :
les 250 passagers privilégiés, dont Chaumareys, Schmaltz et sa famille, embarquent sur six canots de sauvetage, seize marins restent à bord de La Méduse, trois survivront ;
mais 139 marins et soldats doivent s'entasser sur le radeau long de 20 mètres et large de 10 mètres avec peu de vivres. Lorsque l'amarre avec les autres canots se casse, le commandant laisse les passagers du radeau livrés à leur sort. La situation se dégrade rapidement, dès la première nuit 20 hommes se sont suicidés ou ont été massacrés.
Après treize jours, le radeau est repéré par le brick l'Argus, quinze rescapés restent à bord : pour leur survie ils ont pratiqué le cannibalisme, cinq mourront dans les jours qui suivent.
Le 13 septembre 1816, le Journal des Débats, anti-bourbon, publie le rapport officiel du chirurgien Henry Savigny, rescapé du radeau : les révélations de l'imposture de l'échouage, le récit de la tragédie avec les conditions de vie extrêmes sous le soleil, sans eau, avec des rations de plus en plus réduites, les noyades, le tout dans un climat de violence permanent, les plus forts éliminant les faibles, déclenche un scandale politique. La marine anglaise prendra en charge le rapatriement des survivants en France en raison des réticences du ministère français.
Le commandant de Chaumareys fut acquitté en cour martiale."

Wikipedia . Le radeau de la Méduse.

Les visages hagards des rescapés de La Nouvelle Orléans vous rappellent quelque chose ? Allez revoir le Radeau de la Méduse de Géricault. Deux siècles de distance, mêmes ingrédients, mêmes effets.

04 septembre 2005

La sagesse du bourdon

"C'est comme le bourdon: mathématiquement ,il est incapable de voler(rapport poids/puissance); mais le bourdon ne le sait pas et il vole..."
Igor Sikorsky

Je vous souhaite une bonne semaine
CV.

Les trois passoires


Quelqu'un arrive un jour, tout agité, auprès du Sage Socrate :
- Ecoute, Socrate, en tant qu'ami, je dois te raconter…
- Arrête, as-tu passé ce que tu as à me dire à travers les Trois Passoires ?
- Les Trois Passoires ?

- Oui, mon ami, les Trois passoires ! La première est celle de la Vérité. As-tu examiné si tout ce que tu vas me raconter est vrai ?
- Non, je l'ai entendu raconter et …

- Bien, bien. Mais assurément, tu l'as fait passer à travers de la deuxième Passoire ? C'est celle de la Bonté. Est-ce que, même si ce n'est pas tout à fait vrai, ce que tu as à me raconter est du moins quelque chose de bon ?
- Non pas, au contraire…

- Essayons donc de nous servir de la Troisième Passoire, celle de l'Utilité et demandons-nous s'il est utile de me raconter ce qui t'agite tant.
- Utile, pas précisément…

- Et bien, dit le Sage, ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, oublie-le et ne t'en soucie pas plus que moi.

Le hasard des lectures me permet de redécouvrir ce texte bien connu. Je lui retrouve une force et une actualité qui me surprennent. Je ne l'applique manifestement pas suffisamment pas assez dans ma propre existence.

Je vous souhaite une bonne semaine
CV.

Une vie rêvée

"Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver"
Walt Disney

Je vous souhaite un bon week end
CV.

La nature du scorpion


"Un scorpion cherchait à franchir une rivière. Soudain, il aperçoit un crocodile en train de nager
non loin de la berge. Il l’appelle et lui demande s’il peut le prendre sur son dos pour le faire
traverser. Oh non, rétorque le crocodile. Je te connais. Quand nous serons au milieu de la rivière, tu me piqueras et je mourrai. Pourquoi ferais-je une telle chose ? répond le scorpion. Si je te pique et que tu meures, je me noierai.
Le crocodile réfléchit un moment à la réponse du scorpion, puis accepte de le faire traverser.
Arrivé au milieu de la rivière, le scorpion le pique. Mortellement atteint, tout juste capable
de respirer, le crocodile proteste : Pourquoi as-tu fais ça ? Le scorpion réfléchit quelques instants, puis, juste avant de se noyer, répond : Je sais, j’e n'ai pas pu m’empêcher. C’'est dans ma nature."

Sagesse Zen

Curieux paradoxe (merci Rousseau, merci Lamartine) qui a fait de la Nature l'antithèse non pas de la civilisation, mais une sorte de paradis face à l'enfer. Ce qui est "naturel" est devenu un archétype publicitaire de ce qui est bon. Son contraire , l'"artificiel", résultat d'un travail de reconstitution d'une note, d'un produit donné, de l'homme qui domestique la nature (ou qui se domestique comme dans la fable du scorpion) s'est nimbé d'une coloration péjorative évidente. Les digues de La Nouvelle Orléans, vieillies, usées, fragilisées, qui ont cédé mardi sont presque rendues responsables de l'ampleur de la cruequi les a balayées.

On les oubliait presque : joyeuse rentrée aux milliers d'élèves et à leurs professeurs qui réintègrent les classes et les écoles. Fidèle à sa tradition ( à sa nature ) , ce petit billet quotidien a repris son cours, modeste contribution aux devoirs d'écriture que s'imposent à la rentrée tant de nos jeunes têtes. Merci à tous ceux qui par leur contribution me font découvrir des joyaux de textes méconnus, et que j'oublie parfois de remercier.

2 septembre 2005

Perdre son âme



"Un jour, en excursion en Afrique, le psychiatre suisse Carl Jung avait remarqué que les Africains se reposaient plus souvent qu’il ne lui semblait nécessaire. Il se garda bien de penser qu’ils étaient paresseux, mais ne put se retenir de leur demander pourquoi ils avaient besoin de se reposer aussi fréquemment. Leur réponse laisse rêveur :

« Lorsque nous marchons sur ces pistes, nous nous arrêtons de temps à autre quand nous apercevons que nos âmes n’arrivent plus à nous suivre. Lorsque nous les avons distancées, nous attendons un peu, pour leur permettre de nous rattraper. Sans elle, nos idées deviennent confuses, et nous nous perdons … »


01 septembre 2005

Un monde en pointillé


Les mots pointillent nos journées de moments heureux ou tristes, jamais indifférents. Saisis au vol, nous les oublions aussitôt et pourtant ils construisent notre pensée en balisant notre vie. Modestes minimes de journaux, articles élaborés de grandes revues, passages cochés dans nos livres, paroles dites et aussitôt envolées, j'ai souhaité un jour leur donner une seconde chance en les partageant avec mes proches, familiers et amis. Trois années d'échanges chaleureux par courrier électronique ont débouché sur quelques éditions papier confidentielles que je retrouve parfois avec surprise sur une table de nuit, une chaise de clinique ou lors de la préparation d'un discours d'accueil ou d'au revoir. Ces moments inattendus sont les perles d'une vie , pour lesquelles ce blog pourrait fournir le fil nylon qui en fera un collier: il vous est largement ouvert et vos contributions ne sauront que l'enrichir. Jusqu'à preuve du contraire, les mots demeurent le meilleur remède aux maux.
Bien amicalement
Carl Vanwelde