25 décembre 2012

Noël, fête incertaine


"La sculpture trônait, sœur de toutes les autres, elle témoignait de la même obsession, faire du juste avec de l'injustice, de la passion avec de la misère. Et du désir avec de l'absence."
Claudie Gallay.

Joyeux Noël. Entre la rue de Tabora et la Grand-Place de Bruxelles, des Pères Noël partout: à la vente du vin chaud, au violon, aux huîtres, sur une escabelle faisant la quête. Près de la Bourse, un sans-abri s'est lui aussi affublé d'une couverture rouge vif, de la barbe et du bonnet, à l'abri d'une palissade où copulent frénétiquement ses deux chiens bâtards. Je sens comme une envie de fuite. Le Noël qui se voit se heurte dans mon esprit au Noël qui se vit, celui de toutes les solitudes, des familles recomposées qui peinent à se rassembler, des enfants sans attaches nettes recherchant un cadeau incertain. Noël constitue un passage redoutable pour les fragilisés de la vie, celui où on se compte autour du sapin, et où se font les bilans d'une année. Comme eux, je me prends à attendre avec impatience ma modeste activité professionnelle quotidienne, peuplée d'objectifs ô combien modestes "faire du juste avec de l'injustice, de la passion avec de la misère, du désir avec de l'absence." 


Lu dans:
Claudie Gallay. Les déferlantes. Editions du Rouergue. La Brume. 2008. 526 pages. Extrait p.182

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