"Au-dessus de nous brillait la froideur des étoiles.
Dans ces cailloux, on avait cru voir un jour des ours, des dragons et des dieux. Puis le ciel s’était tu, nos mythes avaient rejoint des cavernes et l’univers était devenu mathématique.
Au final, qu’avait-on fait ? Des espaces courbes, un principe d’incertitude, la relativité du temps. À vouloir résoudre une énigme, on l’avait décuplée. "
Claire MAY
Pratiquant la médecine, Claire May se questionne sur les limites de
la rationalité scientifique, accueille avec modestie ce que la
science rejette, le sensible, les coïncidences, le monde des signes,
les phénomènes qui échappent à l’entendement. Tout ce que nos
patients, dont nous nous amusions parfois gentiment de la "pensée
magique", nous dévoilent en consultation. Tel cadre d'entreprise qui
laisse voir au moment de l'auscultation un dos constellé de traces
violacées provoquées par les ventouses que lui a posées son amie la
veille, "pour extraire le mal qui brûle ses bronches", tel autre
avec un bracelet anti-migraines au poignet, ou encore des marrons du
dernier automne dans les poches pour adoucir les rhumatismes. Jeune
médecin, j'en souriais, mainenant je leur sais gré de me partager
tout cela sans fausse honte.
Lu dans:
Claire MAY. Rêves d’azote. Hélice Hélas. 2026. 192 p.
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