"Tu ne tueras point."
Exode 20:13
Voir s'écrouler, jour après jour, toutes les valeurs sur lesquelles se fondèrent nos vies, est une profonde désillusion. On put dire après Auschwitz qu'on n'avait rien vu, mais même cela nous est enlevé aujourd'hui. On voit, on lit, on découvre, et un silence assourdissant y répond. Célébrer le retour du printemps, les jonquilles, le réveil des abeilles, les semences de progrès qu'il y aurait en tout homme n'occultera pas la profonde inhumanité dans laquelle nous baignons actuellement. On sourit de la férocité de Kroll dans Le Soir évoquant le rapatriement des vacanciers de Dubaï "maman, j'ai oublié mon essuie à la piscine de l'hôtel", mais ce sourire cache un profond malaise.
Comme la moule, mon frère,
Tu es comme la moule
Enfermée et tranquille.
Tu es terrible, mon frère,
Comme la bouche d’un volcan éteint.
Et tu n’es pas un, hélas,
Tu n’es pas cinq,
Tu es des millions. (./..)
Irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute, non
Mais tu y es pour beaucoup, mon frère."
Lu dans:
Nâzim Hikmet. Il neige dans la nuit et autres poèmes. Gallimard Poésie. 2000. 418 pages
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire