02 décembre 2009

Le meilleur d'entre nous

« L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture ne m'ait ôté. »
Montesquieu
Me revient le récit de ce sage qui, se sachant condamné, décide d'apprendre à jouer de la flûte. D'aucuns s'en étonnent, lui demandent quelle utilité cela peut avoir quand il ne reste que quelques semaines à vivre. Si ce n'est "d'approcher ce qu'on ressent quand on apprend encore à quelques jours de sa mort." 
La réflexion de Montesquieu est citée dans le cadre des Grandes Conférences catholiques, qui ce soir recevaient Alain Juppé. Les revers de la vie et des amitiés politiques auraient-ils bonifié cet énarque froid, ex-premier de France, "le meilleur d'entre nous tous" comme le nommait Chirac, mais dont la réputation d'intellectuel calculateur creusa la perte. Revenu d'un long exil québecois, le "moins durable des ministres de l'environnement durable" dans le premier gouvernement Fillon (trois petites semaines de fonction) est redevenu le premier municipaliste de Bordeaux où il découvre une "sobriété heureuse". Une heure de bonheur pour un public conquis, partage chaleureux d'expérience et de convictions nouvelles issues de blessures profondes, d'échecs et de trahisons sur lesquelles il n'est guère disert. On finira par souhaiter quelques "traversées du désert" à  nos responsables politiques. 

Montesquieu (1689-1755). Cahiers.
Je ne mangerai plus de cerises en hiver. Alain JUPPE. Plon . 2009. 252 pages 

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