mercredi, octobre 31, 2018

La pierre d'angle

"On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin."
                Goethe


mardi, octobre 30, 2018

Le bonheur entre par les yeux

"Je me repose dans un fauteuil en osier. Le monde s'engouffre par les portes de mes yeux, je le laisse entrer et il m'emplit d'une matière aérienne, élastique et douce. Je suppose que c'est le bonheur, cette alliance de la lumière, du son et de la douceur de l'air. Le bonheur dure peu de temps, mais, si on lui en laisse la place, il peut occuper un très grand espace. Le malheur par contre peut durer longtemps. Mais, si on lui interdit de s'étendre, on arrive à restreindre considérablement la place qu'il occupe. "
                    L. Violet et M. Desplechin

C'est presque rien, quelques mots bout à bout, mais à y réfléchir ils peuvent changer une vie. Organiser dans nos vies l'espace respectif qu'on laissera au bonheur et au malheur est un beau programme.


Lu dans:
L. Violet et M. Desplechin. La Vie sauve. Le Seuil. 2005. 130 pages. Prix Medicis de l'Essai.

dimanche, octobre 28, 2018

Une autre définition de la résilience


"Il y a des blessures que le temps ne guérit pas, mais il les réduit à un encombrement acceptable."
                J-P Sendker
 

 
Lu dans:
Jan-Philipp Sendker. L'Art d'écouter les battements de cœur. Le Livre de Poche. 2015. 336 pages. 

samedi, octobre 27, 2018

Sagesse de Raymond Devos


"Inquiétant, non, un homme qui ne dit rien. Je ne sais pas si vous l'avez constaté, mais quand un homme ne dit rien alors que tout le monde parle, on n'entend plus que lui ! "
                Raymond Devos

Que penserait Devos s'il lui revenait d'assister à un débat télévisé actuel, arènes bruyantes et désordonnées où semble régner la peur du silence, devenu signe d'inexistence pour l'invité à qui on a oublié de donner la parole. Le même Devos qui notait déjà avec gourmandise que "dès que le silence se fait, les gens le meublent." Dans un récent article du Monde Ariane Mnouchkine, fondatrice du Théâtre du Soleil, rêve "d'assemblées où la confiance serait telle qu’on pourrait converser. Où l’on s’écouterait vraiment, où on ne se jugerait pas avant même le complément d’objet direct, où l’on ne serait pas en train de préparer la réponse pendant que l’autre parle, où l’on admettrait qu’il faut parfois un silence, après, pour réfléchir à ce que l’autre vient de dire. Converser, cela voulait dire : vivre ensemble. Dans les débats, c’est le contraire : les gens sont plus divisés à la fin qu’ils ne l’étaient au début."  On est samedi, et on change d'heure, occasion rêvée de beaux et vrais échanges sur l'étrangeté du dire et de l'écoute. 

 
Lu dans:
Ariane Mnouchkine. La censure se glisse partout, dans la trouille surtout. Le Monde. 22.02.2018. Propos recueillis par Brigitte Salino

vendredi, octobre 26, 2018

Quand l'orage


 "Il rêvait
un grand fracas se fit entendre
il ouvrit la fenêtre
rien ne faisait bouger le silence
il sortit
regarda autour
rien
la vie dormait son sommeil insouciant
il rentra
se recoucha
se rendormit
ne rêva plus
Il lui fallut longtemps
pour découvrir
que cette nuit-là
quelque chose s'était effondré
au fond de son cœur."
        Pedro Vianna

Magnifique texte court, dont on imagine la suite qu'un auteur ou un cinéaste pourraient lui donner. Mon imagination, elle, l'a habillé de cent récits tous plus crédibles les uns que les autres. J'ai apprécié ce jeu de fiction qui ressemble tant à la réalité.

jeudi, octobre 25, 2018

Sagesse de Nâzim Hikmet

"Nous sommes au bord de l'eau
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.
L'eau est fraîche
le platane est immense
moi j'écris des vers
le chat somnole
nous vivons Dieu merci
le reflet de l'eau nous effleure
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie."
            Nâzim Hikmet


Lu ans :
Nâzim Hikmet. Il neige dans la nuit et autres poèmes. Trad. Münevver Andaç et Güzin Dino. Préface de Claude Roy. Gallimard Poésie. 1999.

mercredi, octobre 24, 2018

La mer complice

"Une inondation n'a rien d'une mer. La mer entre en conversation avec vous. Elle vous presse, se dérobe, exige qu'on lui réponde. Les vagues et le sable qui se meut sous nos pieds ont leur cadence; quand on est dans la mer on en comprend intuitivement les motifs. Alors qu'une inondation ne cherche qu'à s'échapper. Elle ne vous parle pas, elle sait que jamais elle ne reviendra et ne perd pas son temps à badiner quand son seul but et de se retirer. "
                 Shih-Li Kow

L'écriture de la jeune auteure malaise Shih-Li Kow joue admirablement du proche et du lointain, du particulier et de l’universel, telle cette confrontation entre l'éternel de la mer complice et de l'événementiel d'une inondation meurtrière. La mer nourrit, porte les voyageurs lointains, protège ceux qu'elle héberge dans ses fonds, fait rêver de toute éternité. L'inondation, elle ... C'est par dizaines de milliers de personnes qu'elle fait évacuer périodiquement les populations malaises avec son lot d'images fortes d'étendues d'eau sans limite et de rues inondées dans lesquelles nagent des enfants sur des bouées de fortune. Ceci ne fait pas rêver.


Lu dans:
Shih-Li Kow. La Somme de nos folies. Trad. Frédéric Grellier. Ed. Zulma. 2018. 384 pages.

mardi, octobre 23, 2018

Le temps long


"Je suis dans le train, on traverse les Vosges.
De l'homme assis en face de moi
se dégage un parfum extraordinaire.
Je n'ai jamais rien senti d'aussi bon.
J'engage la conversation
et je lui demande ce qu'il fait.
"Je suis bûcheron"
Ce parfum, c'était les arbres. "
            Alexandre Romanès

Senteurs boisées qui me rappellent Jacques Chancel (si ma mémoire ne me trahit) s'étonnant de rencontrer un bûcheron du Grand Nord plongé dans l’œuvre de Tolstoï: "J'ai trois richesses : les arbres, les livres et le temps long." 


Lu dans :
Alexandre Romanès. Un peuple de promeneurs : Histoires tziganes. NRF Gallimard. Coll. Blanche. 2011. 128 pages Extrait  p.62

lundi, octobre 22, 2018

Importer pour

"Je passe souvent du temps
avec des hommes et des femmes
qui ne sont rien dans cette société,
mais qui sont beaucoup pour moi."
            A. Romanes

Lu dans :
Alexandre Romanès. Le luth noir. Éd. Lettres vives. 2017 . 80 pages

samedi, octobre 20, 2018

La ruine


"En d'autres termes le charme de la ruine consiste dans le fait qu'elle présente une œuvre humaine tout en produisant l'impression d'être une œuvre de la nature. Les mêmes forces qui par désagrégation, érosion, effondrement, envahissement de végétation, ont fini par donner à la montagne sa ligne générale, se sont exercées ici sur les murs."
            Georg Simmel

L'émotion provoquée par une ruine conjugue l'évocation de la fragilité de l'humain et sa grandeur, à la fois signe d'usure inéluctable et résistance au passage du temps. Parfois, comme au Ta Prohm (sur le site d'Angkor (Cambodge) l'envahissement de la végétation forme un équilibre entre culture et nature qu'aucun autre type de création humaine ne saurait offrir: la nature reprend ce que l'homme en a extrait pour en faire une œuvre humaine, fragile équilibre entre des forces contradictoires, celles de l'esprit qui élève et celles de la matière qui abaisse. 


Lu dans :
Georg SIMMEL. Réflexions suggérées par l'aspect des ruines. Trad. Alix GUILLAIN. La Philosophie de l'aventure. Paris L'Arche. 2002. 128 pages. Extrait p.50
cité dans: L'avenir se prépare de loin. Les Belles Lettres. 20018. 230 pages. Extrait p.206.
Ta Prohm : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ta_Prohm

vendredi, octobre 19, 2018

Pépites d'aujourd'hui

"C'est l'époque des pansements et du mercurochrome.
    l'époque des mamans j'ai peur des fantômes.
    le temps de jeux de mains et des bâtons de glaces
    des oreilles de lapins sur les photos de classes 
    l'époque des mocassins qu'on t'oblige à porter
    lorsque tous tes copains ont des baskets au pied
    le temps des trousses de billes et des boules de chewing-gum
    les petits Play Mobile deviendront des bonhommes
    Maintenant que les années me trahissent 
    comme me manquent les tranches de pain d'épices
C'est des cordes à sauter, de l'encre pleins les doigts
    des pyjamas rayés, de la barde à papa
    des vélos sans roulette et des cabanes en bois
    des vendeuses d'allumettes, des il était une fois
    c'est des fautes d'orthographe, des histoires de Tintin
    des boulettes et des gaffes, des balades en patin
    des toboggans rouillés et des luges en cartons
    des ballons prisonniers, des nuages en coton
    Maintenant que les années me trahissent
    comme me manquent les bâtons de réglisse
C'est des marchands de sable, des châteaux de fortune
    c'est des capitaines Flamme et des Pierrot la lune
    des bottes de Chat Botté, des cahiers de vacances
    c'est des meringues au goûter et des crêpes du dimanche
    des clowns du cirque Gruss, des masques de Zorro
    des cumulonimbus, et des chapi chapo
    c'est des maisons hantées, des champs de tournesols
C'est... nos prénoms gravés sur les bancs de l'école."
                                Barcella. L'âge d'or

Ils se nomment Dorian, Ryan, Safae, Jérôme, morve au nez, bleus aux cuisses, crampes au ventre. Rien de trop grave, des motifs de consultation qui font un quotidien. Je les imagine dans trente ans, se remémorant leur enfance et ses images construites. Ces pépites d'aujourd'hui dont ils n'imaginent guère qu'elles peupleront leurs souvenirs d'adultes. Avec peut-être même une place pour ces modestes souvenirs de salle d'attente, des bobos guéris et du sirop aromatisé qui soulage les maux de gorge.  Leur aujourd'hui est un âge d'or qui s'ignore encore.

jeudi, octobre 18, 2018

Brexit, Double Backstop, No Deal

Brume sur la Manche, un Anglais à sa fenêtre : "le continent est bien isolé ce matin."
                Humour anglais

Ces images qui valent mille mots: la solitude de Theresa May après son discours au sommet européen, les 27 passent seuls à table.


mercredi, octobre 17, 2018

Sagesse de Nâzim Hikmet


"Crois aux grains, à la terre, à la mer
Mais avant tout à l'homme
Aime le nuage, la machine et le livre
Mais avant tout aime l'homme
Sens la tristesse
de la branche qui se dessèche
de la planète qui s'éteint
de l'animal infirme
Mais avant tout la tristesse de l'homme.
Que tous les biens terrestres te prodiguent la joie
Que l'ombre et la clarté te prodiguent la joie
Que les quatre saisons te prodiguent la joie
Mais avant tout que l'homme te prodigue la joie.
         Nâzim Hikmet. Des hommes à aimer

mardi, octobre 16, 2018

Eloge de la transparence

« La médecine est un art au carrefour de plusieurs sciences ».
                Canguilhem

Il y a un an, il souffrait d'une insuffisance de la valve mitrale altérant sa qualité de vie. Son père était décédé au Maroc à 50 ans d'une affection similaire. Il a bénéficié d'une plastie valvulaire réalisée sans ouverture du thorax grâce à un robot chirurgical. Il a quitté la clinique cinq jours plus tard, et a été autorisé à reprendre son vélo la semaine suivante. Il vient chercher un document l'autorisant à reprendre le travail. Une fraction de temps, je reconstitue la chaîne d'ingénieurs, de pharmacologues, de biologistes, d'infirmiers, de kinés, de techniciens de logistique des salles d'opération, et les équipes de médecins qui non seulement l'ont pris en charge lui, mais ont conçu et perfectionné la technique dont aujourd'hui il bénéficie. De tout ceci, il n'a pas la moindre idée, il est rentré en clinique essoufflé, il est sorti et refait du vélo, cela suffit à son bonheur. La modestie d'une technique de pointe qui sait se faire transparente est sa vraie grandeur.

Lu dans:
Georges Canguilhem. Le nor­mal et le patho­lo­gique. PUF. Qua­drige. 1966. 290 p. Extrait p.7

vendredi, octobre 12, 2018

Les Sages de Bassan

« Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous. »
            Jean Pierre Ferland
Les Fous de Bassan quittent l'île de Bonaventure depuis le début de la semaine pour migrer loin vers le Sud. A Percé toute proche, la ville se prépare pour une longue hibernation de six mois, hôtels et restaurant fermant bientôt leurs volets .  Hier la brume a répandu ses voiles sur les vastes étendues du Bas Saint Laurent, et l'or des feuillages se ramasse maintenant à la pelle sur le sol des jardins des maisons. Est-ce bien le même pays que celui qu'on a connu? La ville de Québec, « miroir mon beau miroir suis-je bien la plus belle » se laisse découvrir aujourd'hui par pluie et vent battants, que dissipent heureusement  l'érudition et la gentillesse de notre amie guide. « Mon pays, c'est  l'hiver » chantait Gilles Vigneault, et ces images de fin de semaine enrichissent la palette plus qu'elles ne la dénaturent.

La longue migration des Fous nous interpelle : risquer une aventure de 5000 kilomètres pour une destination hasardeuse, rassemblant vieux, adultes et jeunes à peine formés, constitue-t-il un risque raisonnable selon nos critères ?  Essentiel sans aucun doute pour survivre à l'hiver canadien et à la disparition de la nourriture qui l'accompagne. L'expression de « Sages de Bassan » leur irait sans doute mieux .

On rentre. Une fiole de sirop d'érable,  un bonnet canadien, une chemise de trappeur et des couleurs plein les yeux : l'hiver peut venir.

mercredi, octobre 10, 2018

Le bocage de chez nous

"Un enfant dirait: "Regarde, ils ont gommé les clôtures !" 

Observation tardive, tant elle paraît évidente: on peut donc vivre sans les murets, haies ou taillis qui ont dessiné les bocages, jardinets et propriétés de notre vieille Europe, et s'en porter bien. Passer de sa pelouse à la pelouse municipale, puis à celle du voisin sans marquer la frontière. Cet "être chez soi" élargi suppose sans doute de ménager la bonne distance, et un respect scrupuleux  du bien commun. L'espace généreux qu'autorise le vaste territoire canadien entre chaque propriété y contribue mais n'explique pas tout. Chez nous, la symbolique du muret protecteur trouve ses racines dans un passé historique lointain, et peut-être dans nos têtes. Ne les abattons dans ce cas pas trop vite, de crainte qu'on les reconstruise plus hauts encore.

mardi, octobre 09, 2018

Prudence des bâtisseurs de route

A l'infortuné marin confronté à la tornade, il ne reste que peu d'alternatives: rentrer au port, fuir au large ou se réfugier dans l’œil du cyclone."
              Henri Laborit

Demain la route sera belle. Après Percé, une escouade d'hommes et de machines de chantier s'activent pour rendre au chemin côtier sa robe initiale. A l'avant d'une pelleteuse, un panneau prévient "ATTENTION RECULE SOUVENT". Un ange passe. Se voir rappeler sur la route des vacances au hasard d'un chantier que les progressions les plus efficaces, sur la route comme dans la vie,  comportent autant de reculs que d'avancées n'est jamais inutile.

Lu dans:
Henri Laborit. Eloge de la fuite. Robert Laffont. 1976.

dimanche, octobre 07, 2018

L'estuaire

"C'est un endroit, ici, où tu prends congé de toi-même. (..) . Cela ne meurt pas, non. cela glisse de l'autre côté de la vie. Si légèrement que c'est comme une danse."
                 Alessandro. Baricco.

Le Saint Laurent, longé depuis plusieurs jours, irrigue notre périple comme un guide discret de plus en plus imposant. Les deux berges se sont progressivement éloignées l'une de l'autre, se laissant deviner par un trait de lumière ou d'or. Les yeux vous piquent devant pareille grandeur.
Et soudain ce sentiment étrange, bouleversant: l'autre berge a disparu, évaporée dans l'infini. On met un moment pour comprendre que le grand fleuve a rejoint la mer pour s'y fondre, sans nostalgie ni effet d'annonce, de la manière la plus naturelle qui soit. Perdant ses berges, il se libère aussi de ce qui l'enserrait, sa grandeur devient immensité. Rarement aurai-je perçu avec une telle évidence ce que les mots "lâcher prise" veulent dire: se perdre en gagnant tout.




Lu dans:
Alessandro Baricco. Océan Mer. Trad. Françoise Brun .  GALLIMARD.2002. 282 pages.

vendredi, octobre 05, 2018

Au bord du Saint Laurent

"J'habite un fleuve en Haute-Amérique
Presque océan, presque Atlantique
Un fleuve bleu vert nommé Saint-Laurent."
                Robert Charlebois. Le Saint Laurent

C'est un fleuve grand comme la mer, où le regard se perd ramené au sol par les nuages. Des baleines au large viennent observer avec intérêt les humains à jumelles qui se pressent sur ses bords. A seize heures, de curieux bus jaunes libèrent des petites filles au cartable minuscule, éternelle image de bonheur. Elles courent toutes vers la porte de leur maison, on devine le chocolat chaud et le sirop d'érable. L'été indien, moment fugace avant l'hiver, donne saveur aux belles rencontres et aux images ocre et or de ses forêts.. Le Québec prend le visage des amis qu'on y laisse. 

mercredi, octobre 03, 2018

Perpetuum mobile

"L'île va       l'île vient
au gré des marées
clin d’œil perpétuel à l'univers."
        Ecrit à la craie, à la pointe de la petite île d'Orléans, face au Saint Laurent

Le mouvement naît de l’œil qui le regarde. Pour le marin soumis aux marées du grand fleuve, c'est l'île qui bouge et le vent qui la pousse. Elle n'est pas la seule à se mouvoir sans se déplacer. Les gracieux mobiles de Calder admirés hier à Montréal sont en mouvement perpétuel, sans avancer d'un pouce. Contrairement, les grandes oies blanches descendant en escadrilles du Grand Nord canadien dessinent dans le ciel du cap Tourment des portées musicales qu'une illusion de perspective paraît figer un court moment. Et c'est comme si chaque oiseau avait stoppé son vol pour devenir mélodie. Illusion d'immobilité, réalité de déplacement. Hors de portée haut dans le ciel, le busard immobile ne bouge ni n'avance, avant de piquer sur le mulot comme l'éclair. Immobilité et mouvement se déclinent dans ce cas moins dans l'Espace que dans le Temps.