"Car en quoi le temps diffère-t-il de l’éternité sinon en ceci que nous le mesurons ? "
Anne Carson. Prix Nobel de Littérature 2026
L’univers ignore les horloges que nous lui imposons. Il déploie ses milliards d’années dans une immensité indifférente à nos calendriers, à nos anniversaires et à nos deuils. Mesurer le temps, c’est peut-être notre manière de rendre supportable l’éternité, de découper l’infini en fragments à notre mesure. La finitude humaine naît de ce paradoxe : nous appartenons à un univers qui nous dépasse infiniment, mais nous sommes les seuls, à notre connaissance, à nous inquiéter du temps qui passe. L’éternité n’a pas besoin de nous pour exister ; le temps, lui, prend tout son sens dans la conscience que nous avons de le perdre. Et c’est peut-être précisément parce que nos jours sont comptés que chacun d’eux peut devenir infiniment précieux.
Lu dans:
Les Hommes à leurs heures perdues. Anne Carson (Auteur), Fabienne
Durand-Bogaert (Traduction) . L'Arche Editions. 2025. 176 pages
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