08 juin 2020

Entre la peste et le corona

« L’un des pires péchés que l’historien peut commettre s’appelle l’anachronisme, qui consiste à vouloir plaquer le présent sur le passé."
                            Françoise Hildesheimer


La TV qu'on apprécie. Un documentaire glaçant sur un épisode méconnu de notre histoire semi-récente, qui vit 8 millions de personnes prendre la fuite devant l'avancée allemande entre le 10 mai et le 17 juin 1940 , dans des conditions de survie éprouvantes, mus par la crainte des exactions de 1914 de la part de l'envahisseur. Panique collective liée au sentiment de répétition de l'Histoire, de l'inéluctabilité d'une horreur qui ne peut que se répéter. La crainte du danger devient le danger. L'histoire des pandémies n'y échappe guère, chacune ravivant la mémoire ancestrale des méfaits de la peste, du choléra ou de la grippe espagnole décimant les populations. Comparaison n'est pas raison, même si l'ampleur du confinement lors de ces épidémies présente d'étranges similitudes. La peste de Marseille (1720) décime 40 000 malades sur 80 000 habitants, puis dans toute la Provence, où elle fait entre 90 000 et 120 000 victimes sur une population de 400 000 habitants environ. Guère de similitude non plus quant à l'approche sanitaire, l’une des premières mesures prises étant la fermeture des hôpitaux, considérés comme des foyers d’infection, l'abandon des malades et la fuite "vite, loin, longtemps" des populations (encore) préservées. 


Lu dans:
Françoise Hildesheimer. Fléaux et société : de la Grande Peste au choléra. Hachette. 1993. 175 pages.
Françoise Fressoz. Cette mondialisation de masse des phénomènes épidémiques, c’est du jamais vu. Le Monde. 15 mai 2020.
L'exode. La Une. RTBF. Dimanche 7 juin 2020. 20h15. 95'

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