18 octobre 2012

Eloge de la fuite


"Face à la mer qui monte il est souvent préférable de construire un bateau pour explorer de nouveaux territoires plutôt que de s'échiner à construire une digue de sable."
F. Dupagne

Ou comment résumer en une courte phrase l'"Eloge de la fuite" d'Henri Laborit (1985, Folio), le chirurgien qui s'orienta ensuite vers la recherche fondamentale et la biologie des comportements. "Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime. Vous connaissez sans doute un voilier nommé « Désir ».

Le marin qui sommeille en nous finirait-il par aimer les tempêtes, qui débouchent sur des horizons nouveaux?  Entre cape et fuite, il reste une possibilité, celle de faire demi-tour et tenter de rentrer au port. Choix de marins, choix de vie, duquel rêverez-vous cette nuit?

Lu dans:
Dominique Dupagne. La revanche du rameur. Michel Lafon. 2012. 345 pages. Extrait p.311 

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