"Oui, je vis dans une tente et je dois me déplacer sur des charrettes tirées par des ânes, mais je suis heureuse. Mon pays est le plus beau du monde."
Rotana, réfugiée retrouvant son village détruit à Gaza
La famille de sept
personnes vient de passer sa première nuit dans une tente fournie
par le comité de secours égyptien. Depuis la réouverture du point
de passage de Rafah le 2 février [2026], seuls quelques dizaines
de Gazaouis par jour ont pu rentrer dans l’enclave, retour soumis
à des conditions sécuritaires très strictes et déshumanisantes.
Les familles revenues découvrent un territoire largement détruit,
avec des habitations rasées situées en zones encore occupées. Et
pourtant, "le pays où on revient demeure le plus beau pays du
monde." Images et descriptions insoutenables qui hanteront les
mémoires des victimes comme celles de ceux qui les ont
provoquées. Le récit de combattants survivants du Vietnam,
d'Irak ou d'ailleurs est révélateur des ravages provoqués par
les guerres chez les vainqueurs comme chez les vaincus. Se
trouvera-t-il à Gaza une Etty Hillesum, figure mystique de la
Shoah, pour choisir d'ériger un rempart intérieur contre la
haine, seule digue permettant à notre monde de survivre malgré
ces horreurs?
Lu dans:
Marie Jo Sader. C’est mon droit de revenir : à Gaza, un retour
traumatisant. Le Monde. 17/02/2026 .
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