"De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages, (..)
Toute la liberté qu’on prend à des oiseaux
Le destin juste et dur la reprend à des hommes.
Nous avons des tyrans parce que nous en sommes."
Victor Hugo. L'Oiseau
Anny Duperey lit L'Oiseau à la Grande Librairie, "dont la cage qui pend au seuil de ta maison / vit, chante, et fait sortir de terre ta propre prison." De combien d'oiseaux sommes-nous les maîtres, le plus innocemment du monde? Dans une interview réalisée en 1998 par Bernard Pivot, Alexandre Soljenitsyne s'interrogeait sur la capacité qu'aurait l'habitant du 21ème siècle à rester libre dans une civilisation confortable, dont il serait à la fois l'esclave et le tyran. Pour les petites mains usées prématurément par la récolte de coltan pour nos spartphones, on est des princes. Par notre hyperdépendance aux enjeus financiers et stratégiques du monde, on est des serfs. Nous devrons un jour faire face à ce dilemme: à quoi sert une fenêtre ouverte, s'il n'y a plus de ciel? A quoi bon lever l'ancre s'il n'y pas plus de ligne d'horizon? Quel sens donner au voyage, si tout est programmé? Il est des libertés pires que la prison.
Lu dans:
Victor Hugo. À l'oiseau. Recueil Les Contemplations. 1856. Composé de
158 poèmes, divisé en deux parties (« Autrefois », « Aujourd'hui »)
témoignant de la vie du poète avant et après la mort de sa fille
Léopoldine en 1843.
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