«Le Groenland n'est qu'un gigantesque morceau de glace stratégique, que seuls les États-Unis ont la capacité de protéger." Donald Trump.Forum de Davos. 21.1.26
Comme une éclaircie par le vitrail un jour de grand-messe, on a apprécié le geste de protestation de la présidente de la Banque centrale européenne qui se lève et quitte un dîner officiel en réaction au mépris présidentiel américain. On s'est laissé interpeller par le discours de résistance du premier ministre canadien Mark Carney, qui lui valut une standing ovation aussi méritée qu'inhabituelle. Il est rassurant de redécouvrir que le respect ne se négocie pas. Face au mépris, affirmer que le Groenland n'est pas un glaçon mais une population, une culture, un rapport privilégié à la nature, nous concerne tous. A ceux qui nous représentent, et beaucoup d'entre eux le font le mieux qu'ils peuvent, on aimerait envoyer ce simple signal: ne nous laissez plus insulter, nous valons plus que cela. Notre seule richesse est d'être de simples humains, solidaires, laborieux, dotés de la capacité de rêver à une société plus juste, plus fraternelle, plus respectueuse de son environnement.
Comment
ne pas être inquiets de voir notre monde progressivement régi comme un
énorme souk où tout se négocie en termes de valeur marchande, de
ristournes, de droits d'accès aux organes de décision. Je suis
heureux d'habiter et de travailler dans la quatrième
commune la plus pauvre de Belgique, et émerveillé par la somme des
minimes solidarités du quotidien que j'y observe. Je suis
reconnaissant de pouvoir
m'y exprimer sans crainte de poursuites, de jouir d'une protection
sociale contre les aléas de la vie, de voir ma vie privée
protégée par une législation européenne qui règlemente les
pratiques
douteuses des réseaux sociaux. J'apprécie la chance de bénéficier
d'un
système politique basé non sur un chef providentiel mais sur les
compromis permanents,
quelles qu'en soient les insuffisances et les lenteurs. Chers
élus, ne nous laissez pas déposséder de tout cela. Intégrez
une part d'utopie et de sollicitude dans vos priorités
budgétaires, et
quand à travers vous un président ivre de sa puissance nous
méprise, cultivez le courage de vous
lever et de quitter la table, rappelant aux grands de la planète
que le respect est plus important que les deals.
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