"En ce monde, rien n’est bon ni mauvais au même titre pour tous."
Ismaïl Kadaré
"Que fais-tu donc?" dit la carpe au héron qui la tient dans son bec. "Je te sauve de la noyade." Tout est vrai, successivement.
"En ce monde, rien n’est bon ni mauvais au même titre pour tous."
Ismaïl Kadaré
"Que fais-tu donc?" dit la carpe au héron qui la tient dans son bec. "Je te sauve de la noyade." Tout est vrai, successivement.
"En fait il n’y a plus de couleurs."
Papier peint mauvais drap
Etonnnante métamorphose du parc forestier: une brume, légère comme un voile, habille tout, gommant relief et couleurs. On guette les premières taches de couleur, perce-neiges, jasmin, crocus pour nous signifier le début de la fin de l'hiver.
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COLLECTIF. Papier peint mauvais drap. n°3/4. octobre 2025
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Georges Perec. Recueil: Je me souviens.Hachette. Hachette. P.O.L. 1978
« Quand une personne regarde un tableau, ce qu’elle découvre, c’est que le tableau lui-même la regardait déjà. »
Paul Audi
Fasciné par l'expression des naufragés du Radeau de la Méduse de Géricault (1819, Le Louvre) , il me fallut un bon moment pour discerner à l'horizon d'une mer déchaînée, en haut à droite, la minuscule silhouette de l'Argus, pauvre rafiot perdu dans la brume qui venait à leur secours. Ce fut ma première leçon de peinture. Quand on croit regarder un tableau, on imagine un geste simple, à sens unique : un sujet actif (moi) face à un objet passif (l’œuvre). Or le tableau n’est pas seulement ce que l’on voit, mais il nous voit, il nous attend. Une œuvre porte en elle une intention que son auteur a imaginée bien avant de lancer le premier trait. Elle n'a été conçue que pour rencontrer un regard humain, pour l’interpeller. En entrant dans la salle, ce n’est pas nous qui commençons l’échange : l’échange était déjà en place. Il nous regarde et nous révèle par ce que nous voyons et ce que nous ne voyons pas. Deux personnes devant la même toile ne voient jamais la même chose, non parce que la toile change, mais parce qu’elle agit comme un miroir qui leur envoie l'image d'eux-mêmes. Pour certains le tableau résiste, se dérobe, garde son secret, l'Argus ne leur apparaîtra jamais ne laissant du tableau qu'une image de désespérance. Leçon d'humilité, comprendre une oevre n'est pas la posséder, ce n’est pas la consommer, c’est entrer en relation. On peut étendre la phrase de Paul Audi au monde lui-même, ou aux autres. Nous découvrons un rouge-gorge sur une haie et le fixons du regard, croyant que nous le regardons, alors que nous sommes peut-être regardé depuis une heure. Observés par la réalité, par le passé, par tout le petit peuple qui habite la nature et qui nous précède. L’art devient alors une école du regard réciproque, un apprentissage de l’attention au plus modeste, au presqu'invisible, à l'insignifiant.
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Paul Audi. Le Vrai du Beau. Regard sur la peinture. Flammarion.
Essai. 2026. 260 pages
«Le Groenland n'est qu'un gigantesque morceau de glace stratégique, que seuls les États-Unis ont la capacité de protéger." Donald Trump.Forum de Davos. 21.1.26
Comme une éclaircie par le vitrail un jour de grand-messe, on a apprécié le geste de protestation de la présidente de la Banque centrale européenne qui se lève et quitte un dîner officiel en réaction au mépris présidentiel américain. On s'est laissé interpeller par le discours de résistance du premier ministre canadien Mark Carney, qui lui valut une standing ovation aussi méritée qu'inhabituelle. Il est rassurant de redécouvrir que le respect ne se négocie pas. Face au mépris, affirmer que le Groenland n'est pas un glaçon mais une population, une culture, un rapport privilégié à la nature, nous concerne tous. A ceux qui nous représentent, et beaucoup d'entre eux le font le mieux qu'ils peuvent, on aimerait envoyer ce simple signal: ne nous laissez plus insulter, nous valons plus que cela. Notre seule richesse est d'être de simples humains, solidaires, laborieux, dotés de la capacité de rêver à une société plus juste, plus fraternelle, plus respectueuse de son environnement.
Comment
ne pas être inquiets de voir notre monde progressivement régi comme un
énorme souk où tout se négocie en termes de valeur marchande, de
ristournes, de droits d'accès aux organes de décision. Je suis
heureux d'habiter et de travailler dans la quatrième
commune la plus pauvre de Belgique, et émerveillé par la somme des
minimes solidarités du quotidien que j'y observe. Je suis
reconnaissant de pouvoir
m'y exprimer sans crainte de poursuites, de jouir d'une protection
sociale contre les aléas de la vie, de voir ma vie privée
protégée par une législation européenne qui règlemente les
pratiques
douteuses des réseaux sociaux. J'apprécie la chance de bénéficier
d'un
système politique basé non sur un chef providentiel mais sur les
compromis permanents,
quelles qu'en soient les insuffisances et les lenteurs. Chers
élus, ne nous laissez pas déposséder de tout cela. Intégrez
une part d'utopie et de sollicitude dans vos priorités
budgétaires, et
quand à travers vous un président ivre de sa puissance nous
méprise, cultivez le courage de vous
lever et de quitter la table, rappelant aux grands de la planète
que le respect est plus important que les deals.
"Le Temps, ce grand sculpteur."
Marguerite Yourcenar
Une belle évocation en son et lumière des 800 ans de saccages suivis de reconstructions qui furent nécessaires pour sculpter la cathédrale Saint Michel et Gudule, ce coeur battant de Bruxelles. La lumière sculpte la pierre, le son sculpte l'espace et la technique lie le tout. Tant de beauté préservée illustre à merveille la petitesse des vicissitudes politiques de notre époque à l'échelle du Temps.
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Luminescence. Les 800 ans de la cathédrale
Marguerite Yourcenar. Le Temps, ce grand sculpteur. NRF Gallimard. 2015. 256 pages.
"Où va cet homme
Flanqué d'un chien errant ?
Je ne sais pas son nom
Mais je connais son ombre,
Si proche de la mienne,
Presque jumelle.
Toutes les ombres
Sont soeurs de sang.
Où va cet homme errant
Flanqué d'un chien ?"
Philippe Colmant
Deux ombres côte à côte sur le sol. Etrangement similaires, ni riche ni pauvre. Ne se reconnaissent ni le plus souple, ni le plus doué, ni le plus jeune, celui sans avenir et celui sans passé. Les ombres n'ont ni patronyme, ni famille. Elles avancent pourtant toutes les deux au même rythme. Dans un monde idéal, on devrait peut-être s'en isnpirer.
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Philippe Colmant. Verso de l'ombre. Le Coudrier. 2025. 100 pages. Extrait p.31
« Si vous n’êtes pas autour de la table des négociations, c’est que vous êtes au menu. »
Béatrice Delvaux
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Béatrice Delvaux. Le Soir. 19 janvier 2026.
Editorial
"Sait-on combien sont morts
Du sang sur leurs mains d'ombre
Dans les champs de coton
À cueillir fleurs de neige
Pour des bouquets de fête?"
Philippe Colmant
Ainsi ce jour est le "Blue Monday", version raccourcie de "La Journée mondiale de la tristesse", que n'invente-t-on pas? Une pensée pour ces millions d'anonymes dont le seul souci est d'assurer la nourriture, le logis, l'éducation de leurs enfants au prix d'un labeur épuisant. S'inerrogent-ils sur le l'influence de la lumière sur le moral?
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Philippe ColmantVerso de l'ombre. Le Coudrier. 2025. 100 pages. Extrait p.33
"Puissé-je être celui qui calme les douleurs
pour le malade le remède
pour le pauvre un trésor bienvenu.
Puissé-je être protecteur pour les abandonnés
guide pour ceux qui cheminent
barque, gué ou pont pour ceux qui tentent d'atteindre l'autre rive
lampe pour ceux qui ont besoin de lampe
serviteur pour ceux qui aspirent sortir de la servitude."
Cantideva, Booldhicaryavatara. Sagesse boudhique tibétaine
Paroles de sagesse éternelle que l'on cueillle au lever comme le jardin acccueille la rosée. Beau programme pour une journée, ou pour une vie.
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Marguerite Yourcenar . Octobre 1985 - Juin 1987. La voix des
choses . NRF. Éditions Gallimard. 1987. 102 pages. Extrait p.35
Cantideva (685-763 après JC). Booldhicaryavatara. Recueil de
textes de sagesse bouddhique tibétaine.
"L'histoire est fréquemment reprise par le Dalaï Lama. Un vieux moine se faisait prier par un de ses élèves le sollicitant de l'emmener en pique-nique. Toujours demain, jamais aujourd’hui, le temps passa comme s'écoulent les saisons. L'élève devient moine son tour, le vieux moine meurt inopinément. Son disciple aimé ouvre le cortège funéraire. Sur le bord du chemin, deux étrangers s'interrogent: "Qui est-ce, et où vont-ils donc?" Le Dalaï Lama conclut dans un sourire contagieux: "Vous l'aurez deviné, en pique-nique".
Ironie bienveillante: ce que nous remettons sans cesse au nom de l’urgence finit par se réaliser, mais trop tard pour être vécu. Le pique-nique comme métaphore de la présence, cette capacité à habiter pleinement l’instant, plutôt que de le sacrifier à l’illusion du nécessaire.
"Existe-t-il un lieu sur Terre qui échappe à ces nuées de nouveaux livres ? Leur nombre même est un sérieux obstacle à l’apprentissage, car ces distractions détournent l’esprit des hommes de la lecture des auteurs anciens . Les imprimeurs déchaînés couvrent le monde de pamphlets et de livres stupides, ignorants, malveillants, calomnieux, fous, impies et subversifs. Le flot est tel que même des choses qui auraient pu faire du bien perdent toutes leurs vertus. "
Erasme
Au XVIe siècle en Europe, la popularisation de l’imprimerie, l’abordage du Nouveau Monde et la redécouverte des auteurs de l’Antiquité provoquent un raz de marée éditorial. L’humaniste Érasme, lui-même pourtant auteur prolifique, s'en lamente dans un commentaire sur le proverbe se hâter lentement. On peut être un grand esprit et mal évaluer l'inéluctabilité d'évolutions techniques non-maîtrisables. Ce fut le cas de l'imprimerie, bien plus tard du smartphone, actuellement de l'intelligence artifiielle dont il faudra bien s'accomoder.
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Éloge du papier à l’heure du déluge numérique . Benoît Bréville & Pierre Rimbert . Le Monde diplomatique janvier 2026
Ann Blair. Too Much to Know : Managing Scholarly Information Before the Modern Age. Yale University Press, New Haven. 2010.
"Aux yeux de la lune
ceux qui aujourd'hui la regardent
sont-ils semblables
à ceux d'il y a mille ans?"
Abbas Kiarostami
Qu'un poète persan contemporain puisse admirer la Lune d'un même regard que celui d'un ami imaginé de l'an mil, et le mien à l'autre bout du monde, me fascine. Notre ancêtre admirant la Lune était-il moins heureux que nous, qu'espérait-il pour ses enfants, mangeait-il à sa faim, aimait-il une femme? La Lune, elle, ne s'en tracasse guère, scrutant la Terre éternelle et y déchiffrant les mêmes traces dans la même poussière.
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Abbas Kiarostami. Avec le vent. P.O.L. 2002. 248 pages. Extrait
p.214
"Autrefois je croyais devoir produire un certain nombre de pensées profondes par jour; aujourd’hui il m’arrive d’être une friche infertile, mais étendue sous un ciel vaste, haut et paisible. C’est mieux. Je me défie aujourd’hui de cette profusion de pensées jaillissantes, j’aime mieux être de temps en temps en friche et en attente"
Etty Hillesum
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Etty Hillesum. Une vie bouleversée. Seuil. 1995. Extrait page 145
"La neige fond vite
et bientôt s'effacent
les traces des passants
petits et grands."
Abbas Kiarostami
Hier encore, un jardin aux contours estompés par la neige. Ce matin, quelques degrés gagnés sur le gel lui ont rendu ses couleurs d'origine. Les grands bouleversements ne prennent parfois qu'infiniment peu de temps.
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Abbas Kiarostami. Avec le vent. P.O.L. 2002. 248 pages. Extrait p.11
"J'ai parfois des flashs où je me dis en voyant les gens se dépêcher sur le trottoir : mais qu'est-ce qui sépare les humains des poules ?" Charles Pépin
Sans y paraître une vraie question philosophique, légère, un tantinet ironique et pourtant moins superficielle qu'il y paraît. La poule traverse la cour, l’humain traverse le trottoir, même empressement sans pensée apparente, même automatisme. La frontière de l’humain vacille, ce qui nous différencie de l'animal est-il aussi tranché que ce qui nous a été transmis comme vérité séculaire? Si le propre de l'humain est la capacité de créer du lien, l'expérience de ceux d'entre nous qui ont eu un chien, un chat (ou un cheval) interpelle. Tout comme ces deux films documentaires: Le premier, l'étonnant "My Octopus Teacher" (Pippa Ehrlich & James Reed, 2020), où un plongeur, d’abord observateur, devient peu à peu partenaire d’un poulpe. Il ne l’étudie plus : il l’attend. Il ajuste son rythme au sien. Une relation naît, fragile, non verbale, mais réciproque. Ce qui surgit là n’est ni instinct pur, ni raison abstraite, mais une capacité de relation consciente, une attention qui accepte d’être transformée par l’autre. On le retrouve dans un autre registre, plus discret encore, dans le documentaire "La cigogne et le pêcheur", de Christian Baumeister, où une cigogne rejoint chaque année le même homme, sur le même rivage, selon un rituel que rien n’explique entièrement par l’utilité ou le dressage. La cigogne pourrait ne pas revenir. Le pêcheur pourrait ne pas attendre. Et pourtant, ils se reconnaissent, dans une fidélité sans contrat, mémoire sans langage, présence sans domination.
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"Les pas d’un homme dans la neige
Il y a une poésie à déceler les premiers pas dans la neige ce matin au lever. On tente d'imaginer ce passant matinal, dont le trottoir a gardé l'empreinte. Las flocons tombent encore, les traces s'estomperont bientôt. et le sol oubliera jusqu'à son passage. Qu'il soit revenu sur ses pas avec les croissants du petit-déjeûuner ou parti pour un lointain voyage, la neige n'en gardera aucun indice. Tout peut se rêver.
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Abbas Kiarostami. Avec le vent. P.O.L. 2002. 248 pages. Extrait p.9. Abbas Kiarostami est un cinéaste, photographe et poète iranien
"Il neige
il neige
il neige
le jour s'achève
il neige
la nuit. "
Abbas Kiarostam
Par la fenêtre, un tableau en noir et blanc. La nuit, la neige, un camion de déneigement dont le gyrophare troue l'obscurité. Au volant, un anonyme levé tôt pour que nous puissions remplir nos tâches quotidiennes. Je lui suis reconnaissant.
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Abbas Kiarostami. Avec le vent. P.O.L. 2002. 248 pages. Extrait p.8. Abbas Kiarostami est un cinéaste, photographe et poète iranien
"Cette légende indienne raconte comment le sage Sissa, inventeur des échecs, demanda au roi Belkib une récompense étonnamment modeste : un grain de riz sur la première case, puis le double sur chaque case suivante (2, 4, 8, etc.) jusqu'à la 64ème, illustrant la croissance exponentielle. Le roi accepta, pensant à une demande insignifiante, mais réalisa trop tard que la somme totale dépassait toutes les récoltes du royaume, car le nombre final sur la dernière case atteint 2^63, soit plus de 9 quintillions de grains, un chiffre astronomique."
Sagesse indienne
Des chiffres qui donnent le vertige, particulièrement en cette période d'austérité. La fortune de Bernard Arnault, chef d'entreprise et milliardaire français, PDG du groupe de luxe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) est estimée à 194,7 milliards de dollars (166 milliards d'euros). Le salaire net médian en France est d’environ 22 000 euros par an . Le contribuable moyen mettra donc, s'il parvient à épargner la totalité de ses revenus (comment fera-t-il ?) 7 millions d’années pour égaler la fortune de l’homme le plus riche du pays. Ou en d'autres termes,si par miracle ce même contribuable gagnait soudain 10.000 dollars par semaine, détaxés, (8.500 euros), il lui faudrait néanmoins 374.423 ans pour atteindre le même objectif. Le sage Sissa est-il consulté par les puissants de ce monde?
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La Fable des Grains de Riz sur l'Échiquier : Les Intérêts
Composés
"Qu’est-ce que signifie «apprivoiser»?
C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie créer des liens.
Il faut être très patient. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe.
Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus."
Antoine de Saint Exupéry
Depuis quatorze ans, comme chaque année à la même époque sur le lac Uluabat, dans le nord-ouest de la Turquie, une cigogne nommée Yaren vient se poser sur la barque du pêcheur Adem Yilmaz, retrouvailles immortalisées par le photographe animalier Alper Tüydes. Lors de la migration printanière des cigognes vers le nord, Yaren retrouve systématiquement Adem, partageant avec lui le quotidien du village d’Eskikaraagaç jusqu’à la fin de l’été, l'accompagnant à la pêche, partageant son repas, puis retournant au nid. Pour reprendre au mois d'août la route de l'Afrique australe (Égypte, Tanzanie, Afrique du Sud), utilisant le détroit du Bosphore comme point de passage. A l'heure où créer du lien revêt une importance nouvelle, on reste admiratif devant ce symbole d’amitié fidèle entre un homme et un oiseau, confiants dans la séparation, attendant que l'autre revienne avec "des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas / ne plus parler / et se cacher là / à te regarder danser et sourire / et à t'écouter chanter et puis rire." (J. Brel).
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Antoine de Saint Exupéry. Le Petit Prince. Chapitre XXI. La
rencontre avec le renard.
Mathilde Warda. L’amitié émouvante entre un pêcheur et une
cigogne. La Libre Belgique. Vu de 2025. 3 janvier 2026
Photo: ©Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Yaren_(stork)#/media/File:Adem_Amca_ve_Yaren_Leylek_2020.jpg