jeudi, juin 29, 2017

So long

"Il était quatre heures et quart
Et l´on tournait les pages
Et puis tout s´effaçait
Comme s´il y avait un peu de craie
Dans l´encrier."
        Cathérine Lara. La craie dans l'encrier (1974). 

22 heures au clocher de la collégiale proche, passée cette limite, le silence d'une nuit s'installe. Dernier jour de juin, avant la longue césure des vacances. Dernières étreintes, promesses de se revoir, et merci pour tout, chaque année scolaire dont on ferme la porte a un parfum de nostalgie. Pour les enseignants qui plient leur tablier, une page blanche s'ouvre, and so what. Quoi qu'on dise c'était tout de même beau les rentrées, l'odeur des livres neufs, la peinture fraîche et les marrons. On répartissait entre les bancs du fond et ceux proches de l'estrade les Nobel et les cancres, mais dix ans  plus tard dans le métro De Brouckère ce sont les vieux cancres qui vous font la fête. Un de mes frères dépose la craie demain, un beau-frère itou, c'est drôle car dans ma tête c'étaient encore "les petits".  Une somme d'images me reviennent et disparaissent aussitôt, comme s'il y avait un peu de craie dans l'encrier. Le 30 juin est une porte qui bat au vent et ne se referme jamais tout-à-fait. 

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