vendredi, décembre 16, 2016

Préparer une fête intérieure

"Le temps est venu de présenter au grand jour l'œuvre d'une vie de patience. Alors que je mettais un point final à ce livre, une phrase, un soir, est montée doucement à ma conscience : «En accord avec soi.» On ne saurait mieux dire.
                François Cheng


A la lumière de ma lampe de bureau dans le cabinet silencieux, je contemple la marqueterie du vieux meuble qui a entendu malgré lui tant de tourments. Il a cent ans, a connu deux médecins et des milliers de patients s'y sont assis. Ce n'est qu'un objet, mais une étrange paix s'en dégage, comme s'il absorbait les misères humaines en se laissant caresser. Il donne envie de créer quelque chose de beau, de lent, de silencieux, qui coûte en temps et en énergie, une musique si on est musicien, un texte si on est poète, un banc si on est menuisier, une jarre si on est potier, une vasque fleurie si on aime les fleurs ou une toile si on est peintre. Le contraire d'un achat, si vous voyez ce que je veux dire, mais un projet qui nous reconstruise, propre à rassembler les miettes de notre puzzle intérieur éparpillé par les secousses de l'existence. Créer quelque chose de beau pour terminer "en accord avec soi", quelle belle thérapie.  



Lu dans:
François Cheng. Et le souffle devint signe. L'Iconoclaste. 2014. 134 p. 

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