lundi, octobre 03, 2016

Sur les murs j'écris mon non


"Kashine, quant à lui, n’écrit pas "ton nom, liberté" (Eluard) sur la jungle et le désert, mais juste le mot « non », partout où il peut : « Sur des troncs d’arbres, sur des feuilles, des trottoirs, des ballons de foot, des cahiers d’écolier : “non”, “non”, “non”.
            Tavares. Matteo a perdu son emploi.

Ce "non" dont nous faisons nos délices vers les 18-24 mois, nous opposant avec jubilation à tout ce qui parle et bouge, aussitôt désappris par des parents soucieux de notre sociabilisation. Il faut une vie entière pour le réutiliser avec sagesse, un "non"ouvert et non clos, un "non" qui ne claque pas comme une balle de fusil ou une porte qu'on ferme mais qui soit une fenêtre qu'on ouvre. Un "non" de respect réciproque, prononcé dans la sérénité. Mais un "non" ferme au déni de justice, à la volonté de domination, à tout ce qui nie le droit d'exister. "C'est toi qui rends puissant le puissant en acceptant son pouvoir (Véronique Ovaldé)", il est des "oui" trop complices pour ne pas se voir contestés.

Lu dans:
Gonçalo M. Tavares. Matteo a perdu son emploi. Traduit du portugais par Dominique Nédellec. Viviane Hamy. 200 p.
Véronique Ovaldé. Soyez imprudents les enfants. Flammarion. 2016.

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