jeudi, juin 23, 2016

Quand un drap d'hôpital vous sépare

"Tu m´as dit cette fois, c´est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés, c´est le dernier naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c´est joli pour se parler d´amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,
Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,
Le printemps s´est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d´automne,
Soudain je m´alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j´ai le mal d´amour, et j´ai le mal de toi,
        BARBARA

Une longue vie à deux, un projet, et soudain la maladie clivante. Attention, pas une de ces affections courtes et rigolotes pleine de bénéfices induits au prix de quelques petits désagréments passagers, non la vraie, celle qui vous ronge la substance comme un rat, nuit et jour, pour toujours. Celle qui épuise le soigné et ronge le conjoint soignant, qui crée les nuits solitaires et les aubes blafardes. La pire des concubines, qui ne connaît aucun langage raisonnable et possède toujours un dernier tour caché dans son sac quand on croit l'avoir terrassée. Je la déteste, autant j'aime ceux qu'elle visite.

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