vendredi, mai 29, 2015

La liberté des algues

Holdfast: sorte de racine, située à l’extrémité de certaines algues et plantes simples, qui leur permet de s’ancrer dans le sol, se tendant vers la rive à chaque marée montante et retournant vers la haute mer en tourbillonnant dès que l’eau redescend. Ce qui maintient chaque laminaire en place est une espèce de crampon, poignée de tentacules rugueux qui adhèrent à la roche, lien invisible et suffisamment fort pour les faire tenir contre vents et marées, structure dont les biologistes n’ont pas réussi à percer tous les mystères. Quant aux philosophes, ils n’ont même pas essayé."
        K. Dean Moore

Assis sur un rocher blanchi de guano, tandis que j’observe la houle instable, je songe de nouveau à mes racines. A quoi pouvons-nous encore nous accrocher dans la confusion des marées si n'existait ce Holdfast interne légué par ceux qui nous ont transmis le meilleur d'eux-mêmes durant nos premières années d'existence? Quelles sont ces connexions qui nous maintiennent en place, sans nous emprisonner dans l'immobilisme?  Comme pour les algues, c'est une question dont ni les biologistes ni les philosophes n’ont réussi à percer tous les mystères.
 


Lu dans:
Kathleen Dean Moore. Petit traité de philosophie naturelle. Holdfast. Traduit de l’américain par Camille Fort-Cantoni, Gallmeister, Nature writing, 2006, 185 p. Extrait page 159 

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