08 juin 2014

Beauté intérieure

"Elle fait partie des très rares maîtres spirituels de notre époque."
    André Comte-Sponville, parlant de SImone Weil.

"C'est une fille de vingt-cinq ans, laide et visiblement sale (..). Elle avait des vêtements noirs, mal coupés et tachés. Elle avait l'air de ne rien voir devant elle, souvent elle bousculait les tables en passant. (..). Sans chapeau ses cheveux courts, raides et mal peignés, lui donnaient des ailes de corbeau de chaque côté du visage. Elle avait un grand nez de juive maigre, à la chair jaunâtre, qui sortaient de ces ailes sous des lunettes d'acier. (..) Elle exerçait une fascination, tant par sa lucidité que par sa pensée d'hallucinée."
    Georges Bataille

C'est comme le jeu des dix erreurs, mais ne cherchez pas: il s'agit de la même personne. L'appréciation de Comte-Sponville, qui ne partage pourtant guère les convictions de cette "belle âme" dans un physique ingrat, ne peut être suspect, pas plus que celui de Georges Bataille. La beauté est intérieure. 

Attention toutefois à ne pas jouer au jeu des DEUX erreurs: la Simone Weil évoquée (philosophe française 1909-1943, http://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Weil) n'a en commun avec Simone Veil (femme politique française 1927- , ministre de la Santé, promotrice de la loi Veil dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse, première femme présidente du Parlement européen, académicienne, http://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Veil) que ses origines juives, marquées par une décennie d'horreurs, et une haute image morale intacte. 

     
Lu dans:
Jacques Julliard. Le choc Simone Weil. Flammarion. 2014. 139 pages. Extraits p.14, p.35-36 

Aucun commentaire: