mercredi, février 29, 2012

Une étincelle d'éternité

"Est-ce qu'aujourd'hui sera hier, demain? "
J.-B Pontalis

Question naïve d'enfant curieux, qui provoque chaque fois un léger vertige. C'est quand "maintenant" et "quand suis-je moi"? Dans cet enfant rieur de mes douze ans, avec une frange sur le front, dans ce jeune médecin découvrant la souffrance et la mort, ou dans ce vieillard courbé par le poids des ans dont l'image progressivement se dessine? Le sentiment rassurant d'une continuité relie certes ces images qui fusionnent plus qu'elles ne se superposent : j'ai changé, mais suis toujours le même, ma vie se perçoit comme un moment d'éternité. Vision fragile quand survient la succession des pertes, séparations, ruptures dont chaque étape se sépare des précédentes remettant en cause notre identité propre pour nous transformer en personnages successifs. 

Continuité, discontinuité: étonnamment, les deux perspectives possèdent le don à la fois de nous rassurer ou de nous inquiéter, selon les jours.

Lu dans:
J.-B. Pontalis. Avant. Gallimard NRF; 2012.  142 pages. Extraits p. 125 et 140

dimanche, février 26, 2012

Affectueuses perfidies

Affectueuse perfidie, cette phrase d'une lettre adressée par Roger Martin du Gard à Jean Prévost: «Je vous défends chaque fois que j'entends parler de vous. »

Plus actuelle, cette conversation téléphonique à l'issue d'un conseil européen. Deux participants échangent leurs impressions. "Et Nicolas, quel mal vous a-t-il dit de moi? Ou préférez-vous que je commence?"
Le Bon Dieu qui entend tout ... (bis repetita).
 
Lu dans :
Pierre Hebey. Le goût de l'inactuel. Gallimard. NRF. 1998. 229 pages. Extrait p.191

samedi, février 25, 2012

Cet inimitable goût d'authenticité

"Un milliardaire suroccupé se décide enfin à prendre des vacances. Il convoque son secrétaire particulier, lui confie que sa femme et lui souhaitent se retrouver sur une plage isolée de sable fin comme de la farine, d'une belle couleur ocre, devant une mer d'un subtil dégradé émeraude, sous un ciel bleu, certes, mais avec trois ou quatre jolis nuages qui en ôteraient la monotonie. Le secrétaire, après une difficile prospection, découvre une île des Bahamas où se trouve une unique et luxueuse maison. Il fait venir par une flottille de barges, le sable le plus fin et le plus ocre qu'on puisse trouver, achète deux tankers qui déversent des centaines de tonnes de colorants, transforment un bleu layette en vert émeraude soutenu et qui, par une suite de passages appropriés, créent un superbe dégradé. Un avion est chargé, la veille de l'arrivée du couple, de ponctuer le ciel de quatre nuages d'une fort jolie forme. Le milliardaire débarque en hélicoptère au jour dit, à l'heure dite, contemple le paysage, se retourne vers sa femme et soupire :
- La nature, au fond, il n'y a que ça de vrai. "
Lu dans : Pierre Hebey. Le goût de l'inactuel. Gallimard. NRF. 1998. 229 pages. Extrait p.213

vendredi, février 24, 2012

Sagesse des graffitis

"Le Bon Dieu qui voit tout, et partout, il doit bien s'amuser!"

jeudi, février 23, 2012

En marge du débat électoral

"Un de mes vieux professeurs disait qu'il fallait se méfier des gens qui disent toujours : franchement. "
Anonyme

mardi, février 21, 2012

Vieilles frontières

"Il erre dans l'infini
entre quatre murs
pourtant
l'idée de se faire la belle
ne l'a jamais effleuré."
A. Laâbi
Le même jour me permet de découvrir deux textes d'exil, trempés dans la même encre.  Abdellatif Laâbi le Marocain, qui connut les geôles de son pays durant plus de huit ans à Kénitra, et "Shemà Israèl, Écoute Israël", la plus importante prière d'un Juif à Dieu, annotée par Erri de Luca, ouvrier, écrivain et poète italien contemporain. Ils alignent des phrases sobres pour pleurer des patries qui se sont refermées comme un sac sur ceux qui y avaient bâti leur vie. Troublante similitude entre ces prisonniers, habitant parmi nous, incapables de quitter leur banlieue, leur barre, leur tour d'habitation sociale et ceux de Varsovie qui réussirent à s'enfuir du train vers Treblinka en sautant du wagon et n'eurent d'autre refuge que de rentrer à nouveau dans le ghetto. Les rives de leur voyage se confond avec la ligne d'horizon jusqu'où porte leur regard.

Lu dans:
Abdellatif Laâbi. Zone de turbulences. Clepsydre. Editions de la Différence. 2012. 112 pages. Extrait p. 46.
Erri de Luca. La première heure. Gallimard 1997. Folio 5363. Extrait page 140.

vendredi, février 17, 2012

Tu as vu comme tu fais pleurer ta mère?


 «À ma mère qui sait bien ce que je lui dois. »
Remerciements en exergue d'une thèse de doctorat
La reconnaissance ne serait-elle qu'une culpabilité qui a bien tourné?
Un désopilant petit ouvrage recense trois types de culpabilisés "normaux". Le premier est culpabilisé par des interdits. C'est la prédisposition paternelle, qui donne une personnalité rigide, militaire, obsessionnelle, minutieuse, celle des chefs, des censeurs, des organisateurs, des comptables, ou encore des juges. Le deuxième est assez indifférent aux transgressions, mais il a besoin de plaire à n'importe quel prix et au plus grand nombre. C'est la prédisposition maternelle. Elle concerne des avocats, des écrivains, des journalistes, des acteurs (des médecins ndlr :) ). Le troisième est un passionné de l' appartenance, heureux seulement dans des groupes. C'est la prédisposition fraternelle. Elle donnera des scouts, des politiques, des sportifs, des militants, des syndicalistes. Le premier dit: «Je veux être respecté! » Le deuxième: «Je veux être aimé!» Et le troisième: «Je veux être apprécié, estimé, reconnu! ». Les premiers aiment la famille, les deuxièmes aiment le couple, et les troisièmes aiment les groupes associatifs, quels qu'ils soient. Et pour ceux qui éprouveraient quelque mal avec ces distinctions, une illustration de culpabilisation de prédisposition maternelle est jointe :)

Lu dans:
Robert Neuburger. L'art de culpabiliser. Petite bibliothèque Payot. 2008. 140 pages. Extraits pp.42, 45, 52,

La pluie comme la la vie qui court

"Donc, voici, j'écris pour Libération. Je suis sans sujet d'article. Mais peut-être n'est- ce pas nécessaire. Je crois que je vais écrire à propos de la pluie. Il pleut. Depuis le quinze juin il pleut. Il faudrait écrire pour un journal comme on marche dans la rue. On marche, on écrit, on traverse la ville, elle est traversée, elle cesse, la marche continue, de même on traverse le temps, une date, une journée et puis elle est traversée, cesse. Il pleut sur la mer, sur les forêts, la plage vide."
Margurite Duras
En trois lignes, c'est tout notre quotidien qui défile. Le bruit doux de la pluie m'a réveillé. Une nouvelle journée s'ouvre, "on traverse le temps, une date, une journée et puis elle est traversée, cesse". Ni grand bonheur particulier à en attendre, et on l'espère ni grande peine. Une journée. 

Lu dans:
Marguerite Duras. L'été 80. Les Editions de Minuit. 1980, 2008 (Collection Double) . 103 pages. Extrait page 9.

mercredi, février 15, 2012

Un matin nommé Aurore

"Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom  (..)
Liberté."
        Paul Eluard
En 1942 Eluard donne le nom de la liberté aux orages, 70 ans plus tard on apprend que pour 199 Euros, possibilité est donnée de proposer son prénom pour baptiser une tempête (299 Euros pour un anticyclone) auprès de l'Université libre de Berlin. On peut aussi, comme l'ont fait Beyoncé et Jay-Z la semaine passée, transformer le prénom de son enfant en marque potentielle pour éviter de perdre les nombreux marchés (ligne de vêtements pour bambins, couches ou parfums…) qui en découleraient. Le couple a déposé le nom de leur fille, « Blue Ivy », au bureau américain des brevets et des marques. 

Curieuse idée tout de même de d'associer son patronyme à une tornade semant la mort et la destruction, ou à une ligne de produits de consommation.
Lu dans :
Donner son nom aux anticyclones . http://www.met.fu-berlin.de/wetterpate/  

Ces oisillons qu'on jette

"M.0.E." - Mariée , zéro enfant.

Je découvre ce soir le sobre récit d'un historien à la recherche de ses origines, entre un père en errance et des grands-parents que personne n'a connus:

" Peu avant son transfert à Drancy, dans l'après-midi du 25 février, Idesa a subi un court interrogatoire. Sa fiche, conservée aux Archives nationales comme celle de Matès, contient les renseignements habituels, nom et prénom, date et lieu de naissance, adresse, avec un détail qui fait monter les larmes aux yeux : le policier a écrit "M.0.E.". Mariée, zéro enfant. Cette déclaration apporte la preuve définitive que Suzanne et Marcel (les enfants ndlr), ont été laissés volontairement dans l'immeuble lors de l'arrestation. Quelques heures seulement après les avoir quittés, leur maman affirme qu'elle est "mariée, sans enfants". M.0.E. Ces trois caractères commandent secrètement toute la vie de mon père, à la fois le miracle de sa survie et la blessure qui le fera saigner jusqu'à la mort : sa mère l'abandonne pour qu'il survive, son amour culmine dans le rejet, la négation. (..) Que faut-il pour que vous laissiez vos enfants en bas âge dans un pays étranger, au moment de le quitter pour être livrés à la haine d'un Etat qui a promis de vous détruire ? En d'autres termes, à partir de quel niveau de danger choisissez-vous de ne pas emmener vos enfants avec vous pour une destination inconnue? ". 
Nos choix, décisions et renoncements actuels paraissent bien dérisoires face à ce qu'ont pu vivre certains de nos proches en des temps pas si lointains.

Lu dans:
Ivan Jablonka. Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus. Seuil. La librairie du XXIe siècle. 434 p. Extrait 289.

lundi, février 13, 2012

Amour désamour

"Ah cette nuit d'amour! Merveilleuse, incomparable, nous ne faisions qu'un : Moi ."
Woody Allen.
Entre Woody Allen et Blaise Pascal, 3 siècles et une manière décalée d'évoquer l'amour. Jugez vous-même:  "Nous ne pouvons aimer que ce qui, en nous, n'est pas nous" (Pascal).
 
Je vous souhaite une bonne semaine, et bonne Saint Valentin pour ceux qui y croient.  |:)
 
Lu dans:
J.-B. Pontalis. Avant. Gallimard, NRF. 142 pages. Extrait p. 109 et p.124
Blaise Pascal. Pensées. Seconde partie. Art XVII. XLIX.

J'écris mon nom

 "Au sortir de l'enfance, on se cherche une signature, on en essaye plusieurs. On les raye jusqu'au moment où on se satisfait, plus ou moins, de l'une d'elle. Elle pourra varier sensiblement au fil du temps, devenir à peine lisible, comme si j'étais le seul à m'y reconnaître."
 J.-B. Pontalis

On marquait un document de son sceau, une lettre de son paraphe. Aujourd'hui certains se créent un tag. Autre époque, même souci: être vu, et reconnu comme unique. Marquer son territoire d'une trace qui est soi, comme si on donnait son nom à la rue, à l'immeuble, au train qui passe. Cela ne suffit pour passer du stade de simple "personne" à celui de citoyen du monde.  Dans l'Odyssée, "Outis" (Personne) lors de sa longue errance redevient "Ulysse" au moment précis où il retrouve Ithaque, sa terre d'origine, et est reconnu par son épouse Pénélope qu'il n'a plus vue depuis de nombreuses années. Etrangement, elle est la dernière à le reconnaître, longtemps après qu'il l'ait été par son chien, son domestique, son père, mais à ce moment précis il retrouve son nom. Un nom, une signature, un domicile, un lieu d'origine et une date de naissance font un être humain. 
  
Lu dans:
J.-B. Pontalis. Avant. Gallimard NRF; 2012.  142 pages. Extrait p. 130

dimanche, février 12, 2012

La vie qui fond

"La vie, cette boule de neige fondante qui progressivement se réduit."
P. Fournel
Presque du Jacques Brel, "du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit". Ce n'est pas dans l'air du temps, mais j'ai de la tendresse pour cette image de l'existence et d'une médecine passeuse de sens, ne promettant ni la jeunesse éternelle ni l'immortalité mais qui nous apprend simplement à vivre avec nos insuffisances, et les maladies de plus en plus nombreuses que l'âge entraîne. La vie vaut toujours la peine d'être lue.

Lu dans :
Paul Fournel. La Liseuse. POL. 218 p. 2012.

vendredi, février 10, 2012

Culture.com

"Ce n'est pas la girouette, mais le vent qui change de direction".
E. Faure

Comme le Janus aux deux visages, il m'amuse de débattre avec moi-même reconnaissant le vendredi à la liseuse Kindle des avantages que je lui déniais le jeudi. Elle met à égalité la mercière de Saint Amand et le trader de la Défense à Paris pour découvrir l'édition du jour du Monde à 13 heures, lui permet de lire le soir même de son attribution le dernier Goncourt et donne à son époux accès aux livres les plus rares, introuvables ailleurs. Se voir offrir pour 99€ à Saint Amand l'accès à la plus grande librairie du monde est un privilège que la mercière appréciera sans doute à sa juste valeur. Un nouveau monde se crée, on n'en perçoit pas encore les traits mais, comme dit Guillebaud, on l'entend déjà respirer.

jeudi, février 09, 2012

La biodiversité façon Kindle

"La plupart ne l'ont pas encore remarqué: nous sommes tous en prison. Les gardiens ne sont pas idiots, ils nous laissent librement nous promener au soleil et voir les films de notre choix mais souvent, pour ce qui compte vraiment dans notre vie, nous ne sommes pas libres. "
S. George

Une prison aux allures de Club Med. Assailli de propositions alléchantes d'acquisition d'une liseuse Kindle permettant de stocker 1300 livres dans 170 grammes, téléchargeables en 60 secondes, comment résister au chant des sirènes?  Peut-être en lisant les notices de contrat en bas de page. Les ouvrages sont exclusivement téléchargeables sur Amazon.com, dans un format spécifique compliquant leur lecture sur d'autres liseuses. Afin de ne pas encombrer votre tablette, il vous sera loisible ensuite de stocker vos acquisitions dans un espace réservé sur Amazon.com: un livre acheté que le libraire garde dans ses propres rayons après lecture. 

Non content de nous livrer nos bouquins papier à domicile sans frais dans les 48 heures avec une efficacité redoutable, le grand libraire US remplacerait ainsi définitivement mon libraire du coin de la rue, me fournissant en 60 secondes dans mon fauteuil journal, revue, livre, CD. Dommage pour les auteurs, éditeurs, journalistes, compositeurs qui ne trouveront pas grâce à ses yeux. Ils risquent de disparaître simplement du marché comme n'existent déjà plus une personne, un objet, une marque ou un concept non référencés sur Google. La biodiversité est un combat de tous les instants.

Lu dans:
Suzan George. Leurs crises, nos solutions. Albin Michel. 2010. 365 pages. extrait p.9

mardi, février 07, 2012

L'argent dont on rit

"L'important, c'est d'avoir tant d'argent que l'argent n'est plus important."
W. Hamilton

Pensif aujourd'hui? Un tour sur le site du New Yorker ("cartoonbank" "Hamilton") jette un regard décalé sur les faits et gestes de la place de New York et les rapports à l'argent: qui en a, qui n'en a pas, combien, comment ils l'ont eu, comment ils vont en gagner encore plus, ce qu'ils vont faire avec. Tel ce gourou de la finance, assis sous un chêne, tenant séminaire pour des pairs: "La règle d'or: emprunter bas, prêter haut." 

Lu dans:
William Hamilton, cartoonist au New Yorker. http://www.newyorker.com/

dimanche, février 05, 2012

Rêver d'un monde

"Un homme d'affaire regarde par le hublot d'un je privé et dit à l'autre:
Que nous possédons peu, en fait, quand on pense à tout ce qu'il y aurait à posséder! "
Sagesse des milliardaires

Lu dans:
Susan George. Leurs crises, nos solutions. Albin Michel. 2010. 366 pages. Extrait page 38

Les frontières du danger

"Personne n'apporta la preuve que la puce qui vit sur la souris craint le chat."
J-M Maulpoix

Eteindre soigneusement les braises du feu ouvert, activer l'antivol, prendre sa cardiaspirine et vérifier le bon fonctionnement du téléphone appartiennent aux petits exorcismes quotidiens avant l'endormissement. Le danger dépasse rarement la petite barrière du jardin. On imagine qu'une heure avant l'explosion à Hiroshima des milliers de personnes firent de même en toute confiance. Chaque homme se crée une planète. 

Lu dans:
Jean-Michel Maulpoix. Domaine public. Mercure de France. 1998. 100 pages. Extrait p. 34

vendredi, février 03, 2012

Neige

« Personne ne peut mourir avec autant de joie. Autant de gaieté. Incomparable est sa qualité d’espérance. Son dédain de l’éternité. Il fallait qu’elle aimât passionnément la terre pour y descendre ainsi, avec mille précautions, au lieu de demeurer au ciel: la neige.»
Jean-Michel Maulpoix

Dans un même temps, la neige fait se fondre les silhouettes dans la blancheur et le silence jusqu’à ce qu'elles s’effacent du tableau, et révèle les pas du passant anonyme qu'on peut soudain suivre à la trace. Elle estompe les différences et rend visible des aspects inusités de la réalité. Elle a donné en 48 heures une visibilité aux centaines de sans-abri cachés sous les porches de nos villes, et dont on découvre l'existence.  

Lu dans:
Jean-Michel Maulpoix. Pas sur la neige. Mercure de France. 2004.

jeudi, février 02, 2012

"Le crépuscule (..), cette lumière qui reste après le coucher du sleil."
M. Onfray

Entendre Florence Aubenas narrer avec pudeur sa captivité en Irak apporte une autre description du crépuscule. En apprentissage du dénuement, de la perte de la maîtrise de son quotidien, de son avenir, la journaliste étonne en révélant qu'elle a volontairement évité de penser à ses proches pour ne pas se fragiliser, mais que la récitation quotidenne des poésies de son enfance (le Ronsard de "Allons voir si la rose") lui permettait de retrouver le socle de son existence propre... et de retrouver cette lumière ténue qui reste après le coucher du soleil. 

Lu dans:
Michel Onfray. Apostille du crépuscle
Florence Obenas. Noms de dieux. RTBF. http://www.rtbf.be/video/v_noms-de-dieux?id=19288

mercredi, février 01, 2012

La vérité est dans les tessons

 "Je l’ai vue dans le miroir embrasser le neveu de l’évêque, j’ai aussitôt fracassé le miroir d’un coup de chandelier en bronze, le baiser est tombé en cascade par terre et ce n’était plus du tout un baiser mais juste des tessons qui réfléchissaient le plafond."
Lobo Antunes.

On rit, et puis on ne rit plus. Sans être le neveu de l'évêque, nos journées sont riches d'occasions de briser le miroir afin de ne pas affronter la réalité.  Aujourd'hui, je ne me pèse pas, et je serai mince dans ma tête. Réflexion légère qui n'est guère drôle quand on l'applique aux affaires du monde.

Lu dans:
Antonio Lobo Antunes. La splendeur du Portugal. Seuil . 2000. 528 pages. Extrait p.287